VII. SAMEDI
Dès le commencement de l'Eglise, le samedi a été, après le dimanche , le plus considéré des jours de la semaine. On lui a ôté sur-le-champ le nom de la planète qu'il portait chez les païens (Saturni dies), pour lui conserver le nom de sabbat (sabbati dies) qui lui avait été donné par le Créateur, et comme le nom de sabbat signifie repos, pendant les premiers siècles , en Orient surtout , on chômait le samedi comme le dimanche. On n'oubliait pas que Notre- Seigneur avait choisi souvent le jour du sabbat pour ses miracles ; et Constantin s'appuya sur ces considérations pour faire honorer le samedi. Les œuvres serviies étaient interdites ce jour-là en beaucoup de lieux, ainsi que le jeûne, qu'on ne pouvait observer que la veille de Pâques.
Mais il ne paraît pas que ces usages fussent d'institution apostolique ; car, dès les premiers siècles, on jeûnait le samedi à Rome. (Ce jeûne, nous l'avons dit, a été réduit depuis à la seule abstinence.)
Dans l'Orient, dès le quatrième siècle, le concile de Laodicée défendit de chômer le samedi. Dès le second siècle, saint Ignace le martyr disait aux fidèles de son diocèse que le sabbat des chrétiens devait s'observer spirituellement, mais sans interruption des travaux habituels. L'Église romaine disait
(1) Voyez, dans les Légendes des commandements de V Église, un complément de la légende du vendredi.