LA LÉGENDE
DU TANNHÀUSER
Quand Richard Wagner, en 1842, composa son drame musical do Tannhduser, il n'était pas encore en pleine possession de toutes les idées qu'il devait plus tard saisir et réaliser avec tant de force, mais elles flottaient déjà dans son esprit, et il avait au moins indiqué, dans le Vaisseau fantôme, celle qui les domine et les résume toutes et qu'il devait plus puissamment incarner dans le Tannhduser. Je veux parler de cette conception
1. On trouvera dans cet article le héros de la légende et du drame appelé tantôt le Tannhuuser, tantôt simplement Tannhduser. C'est la première l'orme qui est la plus authentique : le Minnesinrjer dont nous ignorons le prénom n'était désigné, de son temps, que paV le nom de la. famille des Tannhausen. à laquelle il appartenait. Mais de î)onne heure on a dit simplement Tanii lui user. J'ai ramené à cette forme consacrée les variantes (Tunhuser. Danhuser, etc.) qu'on trouve dans les documents anciens. — Je renvoie une fois pour toutes à l'e.xcellente étude de M. Erich Schmidf. parue dans le numéro de novembre 1892 de la revue allemande Xord uiul SiUl.
11 » LKHF.NDKS Kl .M(IVI:N ACT.
graiulioso d ;i|)rt'S laquelle la iiiii>i(|iir. rlroilcllKMit unie à la |)()(''si(^ cl s(nlaiil de la même àine. (Iiiil elle riiil(M'|)i'élali<Mi l.i |iliis iti-oluiide el la |)liis |)allii'li(|ne du iiiyslrre de la desliiiée Immaiiie, .siispciidiir entre laiiKHir el la morl, eiili'c léiroïsme cl \c sacrilice. enlre 1 aspiralioii idéale l'I la fasciiialioii des sens. l,a musique se prèlail à ce nMe li'anscendaid ]»ar son |)(iuv()ir unique de soulever au fond des eieui's loides les vagues des passions humaines el de les aj)ais(M' en même temps, de faire (oui |)ressenlir sans rien ex|)liquer neltcmenl, d'être ce qn"il y a dans larl à la fois de plus intime el de ])lus général, de plus expressif cl di- plus iiid('liui. Le drame musical devenait ainsi une sorte de religion : aux plus sublimes révélations des mystères purilicateurs il pouvait opj)oser les orgies les plus déchaînées des bacchanales; il cêlt'hi'ail sous mille formes diverses la lulle de lliomme el coulre les forces aveugles de la iialure cl contre son j)ro])re cœur.
C'est dans les mythes tradilKjuuels. dans les vieilles légendes ])opulaires (pie cette âme de musique et de poésie étroitement unies devait, d'après Wagner, trouver à s'incorporer. Là, en effet, s'étaient traduites, en des symbolesd aidanl plus précieux (pi ils étaient à demi inconscients,
cette même angoisse de la destinée, cette même recherche du bonheur, cette même lutte entre le désir individuel et l'ordre immuable, cette même succession d'ardent espoir et de morne désenchantement, d'immolation de soi-même et d'immolation des autres, qui constituaient pour le cœur agité et pour la pensée inquiète du maître le drame éternel de la vie humaine comme le drame passager de sa propre vie. L'histoire, où ces éléments ne sont pas moins en jeu, ne lui semblait pas se prêter aussi bien à fournir la base de l'interprétation rêvée : elle précise trop les caractères et les faits, en même temps que les événements y sont trop fortuits, et ne naissent pas des données psychologiques et morales, tandis (jue les mythes et les légendes, n'étant ({ue l'incarnation d'idées et de sentiments, subordonnent nécessairement les événements à ces données mêmes. En outre, le poète est beaucoup plus libre avec les légendes qu'avec l'histoire : il lui suftit de s'inspirer de l'idée qu'il croit y reconnaître ; il la développe ensuite à sa guise, comme ont fait à travers les siècles ceux qui nous les ont transmises en les variant à l'infini. Il fallait s'adresser au moyen âge plutôt qu'à l'antiquité. Les chefs-d'œuvre classiques ont leur perfection en eux-mêmes : la poésie n'ose pas les
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translorriKM', l.i iiiiisii|iic (|n nu Inn- .ijoiilc n (\'^l (luuii ni'iiciiiciit ;iccc.s.soii-c , lin liirr.' (|iii sCiil'niilc auloui'd II lit- colonne. An cou Ira ire, IcinoytMi àg'c a ])ro(liiil en iiiasso (\r> oiu rcs im|)arfaitc.s, ofi (l("s idées [(rofondcs . t\('< |)rcssciiliincnls sublimes oui pris des roniics somciil vagues et imj)r(''cises qui ])crini'tlciil à I iina<,n'nalion moderne de les interpiéler et (le les coni|)léler à son gré.
Le moyen âge que Wagner voulail faire revivre, en le li-ansdguranf pai- le sentiment moderne, c'était le moyen àire allemand. Il croyait sentir en lui 1 ;\me germanicjiiedes anciens temps, et il rêvait de lui donner nue pleine conscience d'elle-même, de remplacer par une voi.v claire et puissante le naïf et mystérieux bégaiement de son enfance. Mais ici se place un de ces « malentendus féconds » dont aimait à {larler Renan. Plusieurs des sujets que Wagner a traités avec amour parce qu'il les croyait profondément allemands ne le sont pas. Il les a bien pris dans des poèmes allemands du moyen âge, mais ces poèmes étaient traduits on imités du français. Tel est le cas pour Tristan et heut. pour Percevnl. sans doute pour Lohengrin. A vrai dire, derrière la forme française copiée dans les poèmes allemands on entrevoit pour ces thèmes une forme
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primitive bien plus ancienne, mais elle n'est pas germanique, elle est celtique, elle est née dans cette race poétique par excellence, dont faisaient partie les Gaulois, nos pères, à laquelle appartiennent aujourd'hui les Irlandais, les Gaëls d'Ecosse, les Gallois d'Angleterre et les Bretons de France. C'est dans l'imagination rêveuse, mélancolique et passionnée de cette race que se sont élaborées, sinon formées, — car beaucoup d'entre elles remontent à un passé plus lointain encore, — les plus belles fictions du moyen âge. Elles se sont perdues dans leur langue originaire, mais au xu- siècle, ayant exercé sur les Français une incomparable fascination, elles prirent une forme française où elles se modifièrent notablement, et passèrent ainsi, grâce à l'influence extraordinaire de la poésie française, dans tous les pays de l'Europe et notamment en Allemagne.
La légende du Tannhâuser a une histoire analogue, bien que l'intermédiaire français y fasse défaut. La source directe où Wagner l'a puisée n'est pas, cette fois, un poème allemand du xin'^ siècle; c'est une chanson populaire sensiblement plus récente. Il lavait trouvée chez Henri
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Heine, aïKjiicl il dcvail (Irjà le thème du Vai^iseaii fantôme. « (Miel admii-ahle poème ! — avail (li( Heine en pailinil du vîimi.v Vulkalied (juil rcjjroduisail et d<>ii( il dcvail ('crire plus lard une sorte de parodie à nioilii'' hoiil'luniic. à moitié palluHi(iu('. — Av(H' le canlitpir du {ii'anii lloi (c'est le joi Salomon que je veux dire), je ne connais pas de chant plus cnllammé d amour que le dialogue entre dame Vénus et le Taiinli/iuser. Cette chanson est comme unc^ bataille d amour; il y coule le plus rouge sang du cdur. »
Wagner séprit aussi de celte légende, où il trouvait, comme Heine, un thème éminemment dramatique. Le problème quil y sentait obscurément formulé revient souvent ilans son (ruvre et se posait au fond i\e sa prjDpre nature, à la fois très sensuelle cl très idéaliste. C'est la lutte qui se livre dans le cœur entre deux formes de lamour, lamour charnel et passionné, l'amour pur et idéal; Tannhiiuser ne peuf h)nglemps, même aux bras de Vénus, se contenter du premier, mais quand il rciilciid dénigrer par des gens qui ne sauraient en comprendre les ivresses, il j)rolesle avec toute 1 ardeur de sou imaginalion et de ses souvenirs. La conciliation se ferait ])ar la tendresse dl-^lisabelh. ipii saurait apaiser et épurer les flammes trop dévorantes de celui
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qu'elle aime, si l'imprudent déii jeté par Tannhauser à toutes les conventions sociales ne mettait entre elle et lui une barrière qui ne peut se briser sur terre. C'est par le sacrifice volontaire d'Elisabeth que cette barrière est renversée, mais seulement dans le ciel, c'est-à-dire on dehors de la réalité humaine et présente.
Voilà ce que le poète-musicien a trouvé dans la légende du Tannhàuser, et cette conception est émouvante, humaine et dramatique. Mais elle est étrangère à la légende. Celle-ci n'est qu'une variante — relativement assez moderne — d'un thème très antique et très répandu, l'aventure du mortel qui, grâce à l'amour d'.une déesse, pénètre tout vivant dans la réo-ion surnaturelle où brille un éternel printemps, où règne un immuable bonheur.
Une des formes de ce thème se distingue des autres en ce que le héros, après avoir joui quelque temps — souvent pendant des siècles qui lui ont paru des jours — des voluptés du pays enchante où il a eu la merveilleuse chance d'être accueilli, éprouve le besoin de revoir le monde des vivants, y reparaît en effet, et finit par rentrer dans le séjour féerique où l'attendent l'amour et l'immortalité. C'est à cette classe qu'appartient la légende qui fait le fond de la chanson de Tann-
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liiiuscr ; seuleniciil elle rcmjdarc la iiostals^ie Idiil luimaiiUMlcs vieux contes païens par le son-
limcnl nonvean du « |)écllé •), el elle |)l'ésente
coiiime un acie de déscspoii' le reloui' du héros clans le « |)ara(lis » inrornal. Le rêve de volupté est doveim nu niyslère de perdilinn: le sort du héros, qni reinplissail d'eiil Imusiasme el dCnvie les aiidileiirs iiriinilil's. est aux yeux >\t'> iininiiies (kl moyen àLï'C ini ohjel d'IiorreiM' el d CITroi, loul en g-ardani un jiiM'illenx al Irait pour les ànies.
Wagner a, autrement encore, remanié la légende : il na pas laissé s aecomplii- le retour désespéré de TannliTuiscr ; il Ta r(Miii)lacé j)ar un dénouement édifiani, ofi la religion, l'amour el la pureté d'àmc trioni])lieiit des forces de INmiFcm"; la dissonance tr'agiipie et douloureuse (|iii termina il le vieux eliani s Cst transl'orm('M> en ini aceoiwj céleste, où les \-oix (l(^s ang(>s l'ont taire les derniers appels des démons.
C'est à une autre source que Wagner avait puisé cet élément purificateur et consolant, ([ui était absent, tout comme le personnage d'Klisabelli, de la légende même du Tannhiiuscr.
Cette légende, (mi elTel, ne lui a point pai'u sulfisante pour lin' fournir loul sou di'ani '. Il y a
mêlé celle de la « guerre poétique de la Wartburg », qui n'a rien à faire avec elle.
Un poème assez bizarre de la lin du xm'' siècle nous raeoide (}u"au commencement de ce même siècle, cliez le landgrave Hermann de Tburinge, — dans ce beau cbàteau de la Wartburg qui rappelle tant de souvenirs et quon a si brillamment restauré, — cinq « chantres d'amour n soutinrent contre un sixième, Henri dOfterdingen, une lutte poétique où celui-ci, vaincu, ai)})ela à son aide le magicien Klingsor. Cet Henri d'Ofterdingen, d'ailleurs inconnu, a donné lieu, de la part des érudils allemands, à louLcs sortes (K" conjectures : l'un d'eux avail proposé, dès 1838, de l'identifier au Tannliauser. Wagner a-t-il connu et adopté cette conjecture ? L'idée a fort bien pu lui venir à lui-même. Pour cette partie de son œuvre, il s'est largement inspiré d'une fantastique et nltraromantique nouvelle d'Hoffmann, Henri d'Ofterdingen, où le mystérieux Minnesinger de la Wartburg est représenté comme ayant une nature à moitié satanique, où une chanson lascive célèbre les joies indescriptibles du séjour de Vénus, et où la belle Maliiilde, nièce du landgrave, se sent gagnée par les accents audacieux d'Ofterdingen, qui remplissent d'horreur et d'indignation les représentants du pur amour chevaleresque :
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c'est. <iii 11' Vdit. tout lo second arto du diainc; Malhildc est devcimc I ;iis;d)elli, en cnijjrnntant un renol mysliquo à l'aurc'oK' de la sainte qui devait être la ix'llc-lillc du landj4:rave Hrrniann, etllcnri d'Ortordingcii a été i'cni|)!ac('' pai- i'aindiiiusor. auquel 1(^ poMe a même laissé k' prénom d'Henri. ^^'ag•ner a ainsi, avec une remarcpialde habileté, « corsé » le thème principal de son œuvre. Du même coup, il a mis au premier pian le problème qu'il voulait traiter, l'opposition de l'amour idéal à l'amour charnel. Mais il en est résulté, dans le caractère du héros, quelque incohérence, et, dans la donnée même du drame, quelque incertitude. Au lieu d'aller droit à Roine, pour se purifier de son péché, en sortant du Vemisberg, Tannhiluser s'y rend parce que sa criminelle aventure a été, par sa faute, révélée à tous, et pour en revenir dio-ne de l'amour d'Elisabeth : dès lors, le miracle de la g-ràce octroyée pai- l)i(Mi malgré le pape \)cvd sa vraie signification, et \c salut linal du pécheur semble dû beaucoup jjIus aux prières et à la mort d'Elisabeth <pi'à son propre repentir. Ce salut même, (jui satisfait les spectateurs, est moins grandiose et moins émouvant que le dénouement terrible ei mystérieux du vieux lied, la rentrée de Tannliiiuser. désespéré, dans le paradis infernal (|ui se referme à jamais sui* lui.
L'histoire du chevalier Tannhàuser, de son séjour et de sa rentrée dans le Venusberg n'apparaît pas en Allemagne avant le milieu du xv^ siècle. En 1453, un rimeur appelé Hermann de Sachsenheim écrivit un long poème sur la montagne enchantée où régnent tous les plaisirs dans un éternel printemps, et où Vénus tient sa cour avec son époux le Tannhàuser : cela suppose que déjà la légende existait avec ses traits essentiels. A la môme époque à peu près appartient un petit poème dans lequel Tannhàuser exprime son repentir d'être allé dans le Venusberg et raconte le refus du pape Uubain l\ de lui pardonner ; il espère néanmoins obtenir sa grâce par l'intercession de la Vierge. La même inspiration miséricordieuse semble animer un petit poème dialogué, aussi du milieu du xv^ siècle, où Tannhàuser, dans la montagne, déclare à Vénus, malgré ses objurgations, qu'il va la quitter et qu'il compte, pour obtenir son pardon, sur Jésus -Christ et sa douce mère. Mais c'est au XVI* siècle seulement que remonte la belle chanson populaire qui a fait la célébrité de la légende, et qui lui a donné sa forme la plus poétique en traduisant par un gracieux et profond symbole le
li-t LKr.ENDKS Dr MOYF.N ACK
dur refus (lo |)ar(lnii du jinpc (>l le hirmic innif>;é j)ar Dicii uilmiu' ;i son rcjjrr'scidaiil .
Colle chanson cxisle, sous des formes assez diverses, en liaid-allcniand. in l)as-alliMiiiiii(l. eu néerlandais, en danois; on la trouve dans des manuscrils el des iinj)rimés des xvi" et xvif siècles ; on en a recueilli de nos jours, en Suisse cl en Aulriclie, de précieuses varianles orales, ^'oi(•i une Iraduclion de ce naïf clief-d'iruvre <|ue Heine meltail à côté du Cantique des Cantiques^
l'aniiliiiiiscr élail un Ixni (lii'vjilicr, — et il désirait voir des nicrxcillcs; — il viniiiit fiilrci- dans l;i montagne de \('niis, — où clic csl avec dautres belles femmes.
Une fois qu"imc année fui passée. — ses péchés commencèrent à lui faire peine : — « Vénus, noble dame fine, — je veux me séparer de vous.
— Sire Tannh.ïu.ser, je vous aime, — vous no devez pas l'onljUcr; — vous m'avez Jure par serment — (le ne pas vous séparer de moi,
— Dame Vénus, je ne Tai pas juré, — cela je le conteste; — si rpielqu'un dautre le disait. — j'invoquerais le jug-enKMit de Dion.
— Sire Taïudiduser, (|uc dilcs-vuus la '.' — 11 vous faut rester parmi nous. — Je vous donnerai une de
1. .Il' liiidiiis l;i fticinc l:i iiliis juiciriinr. doiil s'iTiiilcn t IX'U les autres xcisioiis en liaiil-;ilicm;m(l. iuiciiMincnuMil recueillies: j'iiuliqiierai en in)te (|iiel(iiies \ariaiiles des versions bas-allemande, néerlandaise, danoise et suisses.
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mes compagnes — pour être toujours votre femme.
— Si je prenais une autre femme — que celle que j'ai dans la pensée. — ■ au l'eu do IVnfer — il me faudrait brûler éternellement '.
— Vous parlez tant du feu de lenfer, — d pourtant vous ne l'avez pas senti : — pensez à mes lèvres rouges — qui l'ieut à toute heure.
— Que me font vos lèvres rouges? — Je ne m'en soucie pas-... — Donnez-moi congé, noble dame,
— de votre corps orgueilleux.
— Tannhauser, ne parlez pas ainsi! — Revenez à d'autres pensées : — allons dans ma chambrette,
— et jouissons du noble jeu d'amour!
— Votre amour m'est devenu déplaisant; — je devine vos mauvaises pensées : — je vois au feu de vos yeux — ([ue vous êtes une diablesse^... «
1. Dans la version suisse, Vénus promet « sa plus Jeune fille ». La réponse de Tannhfluser (pareille dans toutes les versions) est peu claire : a-t-il une fiancée, ou veut-il parier de la Vierge Marie?
2. Je passe ici huit vers qui répètent à peu près les précédents.
3. Je traduis ce quatrain d'après des variantes et j'omets ensuite trois quatrains, qui appellent cependant quelques remarques. Vénus finit par donner congé à Tannhauser et lui recommande de la célébrer : la chanson ne donne pas de suite à cette indication, dont Wagner s'est inspiré pour la scène de la Wartburg. — J'.lle lui dit aussi : a Prends congé des \ieillards », désignant sans doute les ])lus anciens des habitants de la montagne, au.xquels, "dans les habitudes courtoises du moyen âge. il devait demander congé avant de partir. S'appuyant sur la leçon d'une seule version (la plus ancienne, il est vrai) « du vieillard »,
— on a voulu trouver là la mention du « fidèle Eckart », personnage de la vieille épopée germanique qu'on trouve mêlé à queUpies descriptions du ]'e)ii/ftherf/ ; mais cela est