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Il partit ainsi do la ni(»nta^nc — dans ic trouble cl lo i-epoiitir. — « Je veux alliM- ;'i Homo — et me conlbsser au pape.
Me voilà joyeusoniont en i-outo : — (Juc Dieu me protèp:e toujours! — .!(> \ais tiniivci- !<■ i)apc I rhain. — voir s'il |)(Hii rail me s.invcr. d
— « Ali! paj)(', mon cher seiiiiieur, — je vous avoue en pleurant le péché — cpie jai commis dans ma vie, — comme j(^ vais vous le raconter. .
Je suis resté pendant un an — auprès dune dame nommée Vénus. — Je veux m(> confesser et recevoir une pénitence, — savoir si je pourrais voir Dieu. »
Le pape tenait à la main un hàton sec; — il le lîcha en terre* : — « Aussi liicn (|ue ce hàton peut verdoyer — tu jknix obtenir la ^racc de Dieu -! »
Il repartit de l;i — en trouble et en douleui' : — a Ah! Marie, pure \'ier<i-e nieic, — il me ù\id me séparer de toi'*! x
tout à fait invraiseniijlahlo. Il est morne possible (iiie la variante danoise, (pii dit : « Nous vous montrerons le chemin », ait ici conservé la forme |)iimilive ivoir le récit d'Antoine de la Salc). Dans un Meislcrlied, qui est peut-être du xv siècle, on lit : « Prends conj^é du vert rameau. »
1. Ce vers est emprunté ;ni.\ lerons bas-alleMi;ui(le. néerlandaise et danoise.
2. La ])lupart des versions ititercalciil ici un (|iiiilr;iin ([ui ne va pas avec le reste : « Et si je vivais encore un an, — un an sur cette terre, — je ferais confession et pénitence — et f,'agnerais la grAce de Dieu. » Dans (piehpies unes, cette pensée est suivie de niaiéihclions contre les |)rètres, (pii perdent tant d'unies (pie Dieu aurait volontiers sauvées.
:>. Très jolie variante dans la version suisse : « Quand il sortit |)ar la porte de la ville. — il irncoiitra Notre Danie :
Il rentra dans la montagne, — pour toujours jusqu'à la fin : — « Je retourne auprès do ma dame si tendre, — puisque Dieu m'y renvoie. «
— « Soyez le bienvenu, Tannhauser! — Je vous ai attendu longtemps. — Soyez le bienvenu, cher sire, — mon amant choisi entre tous! »
Le troisième jour était venu. — quand le bâton se mit à verdoyer : — le pape envoya par tous pays
— savoir ce qu'était devenu ïannhauser.
11 était rentré dans la montagne, — il avait choisi son amour, — et à cause de cela le quatrième pape Urbain — fut perdu pour l'éternité.
Aucun pape, aucun cardinal — ne doit damner un pécheur : — que le péché soit aussi grand qu'il voudra, — Dieu peut toujours le pardonner K
Il y a dans ce beau poème, si pénétrant avec
— « Adieu, Vierge i)in'e ! — Je n'ai plus le droit de te regarder ! » — La variante bas-allemande est d'une beauté antique : « Qviand il arriva devant la montagne, — il regarda de tous côtés autour de lui : — « Adieu, soleil, — adieu, lune. — et aussi tous mes chers amis ! »
1. La fin est assez différenle suivant les versions : la dernière strophe n'est que dans deux leçons. Les leçons bas-allemande et danoise ont supprimé la damnation du ])ape : elles disent : « Le pape se chagrina beaucoup. — et il pria sans cesse — que Dieu exauçât ie vœu de Tannhauser — et lui pardonnât son péché. » La chanson néerlandaise intercale trois strophes, qui ne manquent pas de poésie, sur l'attitude de Daniel (c'est ici le nom du héros) quand il est rentré dans la montagne : il s'assied sans mot dire, et c'est en vain que Vénus lui offre un repas délicat et une coupe d'or : il ne boit ni ne mange ; elle fait danser devant lui sept jeunes filles rieuses : « Sire Daniel reste silencieux. » La chanson danoise ajoute deux quatrains édifiants sur les dangers de l'amour, prouvés l)ar l'exemple de Danyser.
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son allure i'lli|)li(|ii(\ son (lialoLifiic |iassi(niii('', son nirlaii,iif<> d .ii'li-iit |iaL!aiiismi' cl di" mysUcismo (•lu't'licii. divers éléiiiciils à disliiiLjiicr. Dahord le Iniid de la l('^<iidc : nii iiluilel «'illl'c dans le royaunii' d uni' «N'-t^ssc, s'arraclic aux délices (|iii l'y cncliaîncnl. i'cvi<'nl a la réiiion (\c:< linniains cl linil pai' rclDurncr an|»rcs de celle (|ii il avait (juilléo ; — |>iiis la coideiir relitrieusc donnce à son avenlui'c, à son dépari et à son leloin' ; — la doctrine (Taprès la(|uelle il n y a pas de si uTand péché dont li- i-cpenlii- n'ohlienne le pardon ; — cnlin le symbole par lecpiel s'exprime relie |)enséc : — ces éléments a|»pai-lieiiiienl soi! i\\\ folklore de j)i'esipie tous les jicuples, soit aux conceplions les plus chères des peuples du moyen âge catholi(pi(> ; — il y a enfin un élément sjiécialcnient allemand. i|ui se marque uniciuement par le nom du héros et par celui du Venusberg. Il a existé au xm*" siècle un Minneùnger appelé leTannlùiuser, dont les chansons, écrites souvent d'un style bizarre et pédantesque, offrent im singulier mélange de joie de vivre et de piété, de licence et de repentii'. l^st-ce à cause de cela qu'on en a fait le héros de notre légende'? On ne lisait plus guère au xv'' siècle les ])oésies des Minnesinger ,('\vki\\ d'ailleurs dans celles duTannhi'iuser ne suggérait l'idée d'une aussi fanlasli((ue
aventure. Mais si le poète n'était plus connu directement, son nom était resté célèbre parmi les Meistermnger. II y avait un ton. cest-à-dire une forme rythmique et musicale, qui se rattachait à une des formes inventées par lui, et qui fut long-temps employé avec 'deux variétés, « le ton court )> et « le ton long » de Tannhauser. Les plus anciennes poésies où apparaisse la légende sont composées « dans le ton long de Tannhauser )), et l'introduction de ce nom dans la merveilleuse histoire n"a peut-être pas d'autre cause. On a cependant pensé que c'était bien le Minnesinger du xni'' siècle qui en était le héros. « La légende, dit un savant critique, dut entourer de bonne heure le poète vagabond ; le pécheur repentant, dans la chanson populaire, adresse son cri d'angoisse au pape Urbain IV. et cela saccorde bien avec l'époque où vécut le Tannhauser historique ^ » Cet accord même paraît suspect : la légende ne connaît guère de telles précisions. Il n'est pas d'ailleurs aussi complet qu'il en a l'air. Le Tannhauser paraît être né vers 1200, et nous n'avons aucune trace certaine de lui passé 1255 ; admettons même qu'il ait vécu jusqu'au temps du pape Urbain IV (1261-1264) : est-ce à