‹ Légendes du Moyen âge. Par Gaston ParisChapitre 14 sur 51 · Grse.sse, p. '.t · texte numérisé non relu

Grse.sse, p. '.t

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recouvra la viiu en se froltaiil les yeux avec le sang qui eu coula, etc. Tous les trails indiqués dans le récit évaii<j^éli<iu(' di-vinriMil le i)oint de départ d'anij)lilications plus ou moins poétiques. Il en était un (pii devait particulièrement fraj)per l'imagination, ccst celui dr^ soiifllcls donnés au Christ. On rapporta à un .seul iiomme, et à celui qui aurait dû en avoir le j)lus d'iiorreur, le crime odieux d'avoir iVapj)é cette face auguste, on l'aggrava encore, et on inventa jjour le coupable une expiation égale à son forfait. Lue légende italienne, que nous sommes ixjrlé à croire fort antique, raconte qu'un Juif, appelé Malc, donna à Jésus un soufllet avec un gant de fer; en punition, il est condamné à vivre sous terre, tournant toujours autour d inie culonne (sans doute la colonne où Jésus fut attaché); à force de tourner, il a creusé profondément la terre sous ses pas. Il se frappe avec désespoir la léte conti'e cette colonne, mais il ne peut se donner la mort, car sa sentence est de souffrir ainsi jusqu'au jugement dernier. Le nom originaire de ce personnage est Malc et non ^Nfarc (bien (jue cette dernière forme soit la plus répandue), et cest bien le même Malc auquel saint Pierre coupa l'oreille et que Jésus guérit. Dans tous les mystères du moyen âge, on le rc|)r(''.<(Mi(i' comme ayant

prispart aux tortures de Jésus, malgré le bienfait qu'il eu avait reçu. Un curieux passage d'une chanson de o-este nous a seul conservé une légende fort semblable où Marcus, qui n'est plus le soldat blessé par Pierre, mais le lépreux guéri par le Seigneur, frappe le Christ, et est l'objet d'une malédiction particulière, à l'aide de laquelle on expliquait bizarrement lincurabililé de la lèpre :

Dius, tu garis Marcus, ki tous fu enleprés :

Mesiaus fu de viaire et de bouche et de nés,

Li premiers bons en terre ki en fu encombrés.

Ice fu li premiers, dire Toi letrés.

Ki te mist a l'estache quant tu i fus menés,

Et tu le maudesis, meïsmes Damedés,

Ke jamais pour samour ne fust lepreus sanés.

Ne sera il pour voir, ja Dius n'en ert faussés ^.

Répandue à Venise, à Naples, en Sicile, la légende de Malc a donné lieu à des expressions proverbiales qui en attestent la popularité : on dit en Sicile, d'une personne laide et mal plaisante : Havi'na faccia di lu judeu Marcu-. Lu judeu Marcu est devenu, par une sorte d'assimilation à Judas, lu Juda-Marcu dans des chants populaires siciliens'^. Il nous paraît jjrobable que c'est

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