‹ Légendes du Moyen âge. Par Gaston ParisChapitre 18 sur 51 · Causeries et méditations. I. loi · texte numérisé non relu

Causeries et méditations. I. loi

de son côté*, prétend que, « avant le viii® siècle, on ne mettait pas en doute cette légende dans toute la chrétienté ; elle se rattachait aux traditions de l'an mil, etc. » Ce sont là des assertions sans le moindre fondement. Il n'y a aucune trace de la légende, nous lavons déjà dit, ni en Orient ni en Occident, avant Pliilippe Mousket et Matthieu Paris ; il n'y en a aucune mention entre Matthieu Paris et l'auteur de la lettre résumée ci-dessus. Cet auteur était visiblement protestant, et toute sa mise en scène est protestante. Il s'appuie sur un des docteurs de l'église luthérienne; il appelle toujours le Seigneur Christ et non Jésus-Christ; il fait assister son héros au proche dans l'église luthérienne à Hambourg ; enfin, ce qui est décisif, il lui donne le nom d'Ahasvérus, qui appartient exclusivement aux bibles protestantes, la Vulgate et les traductions catholiques donnant Assuérus. Il n'est même pas impossible que le désir d'opposer à la « tradition » dont se vantaient les catholiques un témoignage bien plus authentique, celui d'un contemporain même du Christ, ait été l'un des motifs de la composition de ce récit. Un autre a certainement été de convaincre les Juifs, très nombreux alors dans le nord de l'Allemagne, par la déclaration d'un des leurs. Le nouvelliste 1. Nisard, Histoire des livres populaires, 2» éd., I, 477.

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r('Hissil ;iii moins ;"i fournir conln* <mi\ un nonveaii prôlcxlc tic vfxalions. On lil d.ins l;i dissorlation (lo Sclinllz. cilrc plus loin. i|nr ])liis d nnr fois on AIIomni;-iio la jM^piiIaco rlirrliciinc onvaliit le (|uarliordos Juifs, pn^loiidanl qu'ils rocc'daiciit Ahasvrrus. (pTon avail vu |)(''iii''li'('r cIk^z (mix. I )"aiilr(' |)ai-l les Juifs so moquaient des chrétiens qui eroyaieni à nue jiareille fable, et des apolof»-istes sérieux reo^reltaient (piOn essayai de convaincre les Israélites avec de tels arg-uments', Toutefois le motif principal de notre auteur a été tout simplement do myslilier ses contemporains et sans doute aussi de p-ap-ner quelque ars^cnt.

Il ne nous |)aratl j)as douteux cpiil ait cniiJrunlé le fond de son histoire à Mallhi(Mi Pai'is. l////storia major de cet auteur, publiée à Londres en 1571 et réimprimée à Zurich en loH(|, avail eu dès l'abord un grand succès, suri ont ]iarmi les protestants, à cause de l'esprit qui y règne, constamment hostile à la cour de Rom(\ (Test là que l'auteur de notre Relation a trouvé la matière qu'il a arrangée à sa g-uise. Entre son récit et celui du moine anglais il subsiste des co'nicidences tellement frap]iantes ([u'i^lles ne piMivent être r(M'l'et du hasard ou le produit d'une Iradition vraiin(Mil j)op\daire. Ainsi Carlapliilus es! représcMilé comme

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