Comme le remarque M. Morpurgo, l'aubergisle es
•ili
i.i:(.i:m)i:s m Mll^|^ aci;
cf lui liii)\ ;iiiiii (|iii p.iya, quoi «[uc jCii eusse. Ncuis ;ill,um's ;i l.i lu.iisiui. cl, cfiniilic (•"('•liiil sjimcdi. je lui (lcni;in(l,ii en l^imit de se l,ii><cr !;i\ri' l.i Iric |).ii' IIKU, ce <|ii'il \iiulul liicu. cl je l.i lui l;iv;ii en L;i';in(l<' i'i'\ i-rcni'i', d il en >cu'l:iil une LiriiiHJc tidiMir i".l i|u;iiul sa lèlc l'ul essuyée, je (•()uniieu(;ai à parler, el je lui (leniaiidai de iiraecnivh'r une Ljràee (|ue je voulais de lui. Il dil : ■■ Kcinaudi'l ■> l'I je lui dis : 'I ("."est (|ue vnns me ri''j)iiii(l ie/ hien r!;ii rcineiil . el ([ue \(iii- disicv, si viius èles (ii(i\aniii liniladiii. ■■ Il me i'i'|i(iii(lil ([ur nous l'jiussious je niol. - (!ommenl cela'.' " lui (lis-je. " Il faid dii'e. me |->''|)oMdil-il. (liovaniii Uatiè-lddio, c'e.sl-a-dire (iiovauiii f'nippu ])icii. Uiiîuul Jésus i!;ravissait la iiionta;^ue ou il fut mis on croix, el que sa nierc avec d'aulres fcmiiies eu fiTaiidcs lamentations et plaintes allait (lcrriéi-c, il se rcloiii'na poui' leur p.irici' c! s'aiTcla (|iieli|uc |)cu : sur (|uoi ce (iio\aiiiii le frappa [)ar dci'rierc^ dans les reins, cl dil : \'(/ lilcl VA .lesus se tiuii'ua vers lui : Ei loi, lu iriis s/ rite i/iif tn indIlvndrasK VA celui-là est ce Giovanni <pie vous dites. » El je lui dis : (I l']sl-ce vous? » Il me répondit : « Antonio, ne clierclie pas plus avant! ii Ht là-dessus il baissa les yeux, et il laissa tomber (piclques larmes, et il ne dit plus rien. t'I il partit et s'en alla. l'.l il y en a ipii disent et (pii al'lirnienl (pi'il si'ra le Iroisienie
é\ idi'iiiinciil iiilliii'nc;'' à .son insu pai' liluvanni : de iiirme les soldais (|u'ii\ail l'innvi's Mnrrlli puni' Ir iiicndi'c' i\niici-dcssiisi pcr'diMil a sa \ ne tonl.' iMicrj^Mc.
1. (les paroles .-.uni \ isiblenicnl alirTi'M's. soi! |iai' tiio- \anni. suit par .Vnlnnin, -oit pai' le copisle. Ouaiil a la pr.'leiilioii (II- (iiovantii de ctirri.ijcr le nom alléré de Jean UiiulciliiMi, elle es! al)sui-(le. el prouve siniiilenienl ([iie le
LE .ILIK r.RKANT 215
témoin (les laits du Seigneur; car il y en a doux dans le paradis terrestre, c'est Enoch et Klie \ et en terre il y a ce Giovanni. — Il va, et il ne peut rosier que trois jours dans une province, et il niarclie vite, visible (lu invisible; et il a à dépenser à son plaisir, bien quil aille dégarni, sans bourse et sans sac: il porte seulement la tunique avec un chaperon, il est ceint dune corde, et nu-pieds le plus souvent: il arrive aux auberges et mange et boit du bon-, puis il ouvre la main et laisse tomber ce que Thôte doit recevoir, et tu ne vois jamais d'où lui vient largent, et jamais il ne lui en reste ■^. Il a toutes les trois sciences, hébraïque, grecque et latine, et il connaît tous les langages et a à sa disposition tous les mots les plus choisis de toutes les provinces, en sorte que sil parle avec des Florentins tu diras qu'il est né et nourri à Florence, et ainsi avec des Génois et avec des Bergamasques et avec des Siciliens, et avec des gens de n'importe quel autre lieu. si bien ([ue c'est une chose de grande admiration que le fait de cet homme.
La (l(M'nièro fois que cet homme extraordinaire
verbe huUare n'était pas usité dans le pays dont ce personnage inuiait naturellement la langue.
1. On sait que, d'après un passage bien connu del'Apo- (■aiyi)se, le moyen âge a ciii (ju'Enoch et Elle attendaieiil dans !(> juiradis terrestre le jour du jugement.
2. .\hasverus et Cartaiihilus sont au contraire très sobres dans leur manger.
3. Ce don merveilleu.x est plus commode cpic les fameux cin(| sous de notre Laquedem. ou les cinco plaquetas du Juan Esjjera-eii-Dios esjjagnol. Il est curieux (pie Giovanni n'ail jiiiiiais (li'inandr- d'argcid à Antonio.
•210 I.K(;F.MtKS m MiiM-N ACi;
viiil \()ir smi ;iiiii Aiilunio, |;i fciiiiiH' (!•• tr|iii-ci ('•t.iil Lîravciiiciil malade, cl les niédcciiis cumilie les pai'fiils ft li's amis on2rat(oaii'iil Aiitniiin à so résiiïiici' sans iiianli r (l(-~|inir.
I']l ledit (lioNainii claiil ariivi' <ln'/. iiioi, je le menai dans la chnndx'O ]hiiii' qu'il vil ma peine, el en ce moment ma l'enimi' délirait l'.t dictvanni me réconloi-ta et dit : l'.lle LiuiTira : je le ferai nn i)l'er. Il le lit l't dit : • l'endsde lui an eon avee révérence de l)i(Mi. >/ Kt je le lis. et aus.silot elle sortit dn lit saine eomme si elle n'avait jamais eu de mal : Dien en soit loué! Kt avee ce ])ret'jai guéri heaneonp de malades de diverses maladies, .le l'ai prêté à (|ni ne me l'a jainai> reniln : Itien Ini pardonne! Kl (liuvanni. (|nand il partit . m'embrassa, ee (|n"il n'avait jamais lait, .le m'(''tonnai. et je Ini dis: « Kst-ce qne je ne vnns reverrai plus jamais"? » H me répondit : c .lamais avee les yeux eorporels. » 11 s'en alla. Il \ inl an l'ui-fiilisn '. on les frères le mirent en prison et \nnlaieiil le livrer a l'autorité -, mais la nuit il s'en alla invisible, et les frères restèrent avee leur eonrli' lande. Kt depuis il n'est plus revenu dans ce |)a\s.
I"t il va ainsi xaualiiindanl par le m(ind(\ c\ il ir;i jusqu'à ce ([ne Dien vienne juger les \ i\ants et les morts en sa inajesl('' dans la vallée de .liisa|)hat.
\. Monastère voisin de l^'lorence, liahilé jiar des Hrigidiens.
2. M. Morpurgo rcniarfiue (pi(> la roix' de franciscain du tiers ordre, dent (lievanni riait <'oii\(M'I. n'était saiisd<iiile pas étranf^n'-rc a ce iii;iii\ ;li■^ \ nuleir drs frères du l'ara dise.
Puisse-t-il prier pour nous, ([uo Dieu nous pardonne nos péchés et nous conduise au ciel ! Amcnl
A ceux qui douteraient de la véracité de l'excellent Antonio et de la présence en Toscane, à l'époque indiquée, d'un personnage jouant le rôle de Giovanni Buttadeo, M. Morpurg-o offre un second témoignage, égalcnienl inédit et (jui vient pleinement coniirmor le jiremier. Le Florentin Salvestro Mannini écrivait alors au jour le jour tout ce qui lui semblait digne de remarque ; il consignait volontiers dans son journal, dont il ne nous est parvenu (fue des extraits, les prédictions, surtout politiques, dont il était avide comme la pkqjart de ses contemporains, celles par exemple <■( d'une possédée de Sienne appelée (lostanza et qui a au corps les démons Sforzo et Braccio », ou celles « d'un ermite, frère mineur, qui se tient là-haut dans 1 Alpe à Stamberliche «, ou celles de l'abbé don Simone ^Mattei de Santa Liberata. a Souvent, ajoute M. ^lorpurgo, après l'événement, le brave homme annotait la prophétie, écrivant en marge : // a dit vrai, ou II n'a pas dit vrai; et de ce que ce dernier cas était le plus fréquent il ne résultait ni pour lui ni pour les autres la moindre diminution de foi. »
ot il présente, an sujet des rivalités de ce ^.^iMiie qui se ])roduisaient souvent, d'intéressantes réflexions.
-Iï> I.KCI.MH.S m MdVI.N \(.i:
<>r, le :!.", juin l'ili;. M.iiiiiini , rlaiil potloslal à AL;liaiia. vil (•iovaNni serco di Din et lui |)()sa plusieurs (|U('sli()Ms sur l'avciiir |>ri»cliain, cl (liovauui lui dduiia ili's ri'ponsc'S ipi il ruri-^islra pieuscmoiil, pai- cxt inph' -< .If lui «Irmaudai co • pii arrivcrail <lu l'ail dr rcnipcrnir, cl il me dil (pie nous n eussions pas de crainlc, cl tpie s il ptissail nous le lissions passer sans en(iind)re cl que s'il voulait de noli-e ai'n'cid nous lui eu donnassions, et que nous fissions en soi'te (|ii"il nous i'onlirni;\l la possession de Pise. el (pie nous ne lissions de ligue avec personne contre^ lin ni contre danlres, el (pie nous aU<Mi(lissions j)aisihlenieiil. parce (pie les cicux el Dieu (''laienl avec nous. » « l'arnii les pro|)liéties relcv(''(\s |)ar ^Maïuiini. celles de (liovanni. dil M. Morpui'g(j. sonl les plus modérées elles plus raisonnables. » comme on peiil eu juger par celle-ci. que 1 éditeur compare, non sans raison, à un « article de fond o dans (piel(|u un de n(»s grands journaux. j-ji général, notre homme se montre avisé, inlelligcnt el sagace ; il est hicii italien, loiil .liiil" cl cosmopolite ipiil se pi'(''len(l. M. .Morpurgo remar(pie (pie, plus prudent (pie ses confrères d'ArnK'iiie (ni d Allemagne, il éviU; de donner {\v^ (li'lails sur les scènes de la l^assion et r.Miiplace ces iiarr.i! ions daiii:'ereiises par un silence
LH JL'IF KlUiANT 210
éloquent cL des larmes. Mais il faut dire aussi que ces détails, on paraît les lui avoir fort i)eu demandés : les bons Toscans ([ni assiègent la maison où il loge et manquent détouffer sur la place sont bien plus curieux de savoir de lui comment tourneront leurs affaires privées ou ])ul)liques,, combien ils ont encore à vivr(^ si leur femme leur donntn'a un fds ou s'ils guériront de leur maladie, que de lui entendre raconter le drame duGolgotha. Il se lire d'ailleurs fort habil(Miient d'affaire avec eux. La première fois qu'il vint au Borgo, comme on l'accablait de semblables questions. « avec peu de révéïHMice et bestialement », il si^ iourna vers le podestat et lui dit : « ^'oyez tous ces gens qui m'interrogent ; s'ils savaient ce que je sais, ils s'attristei-aient beaucoup, et il y en a qui pleureraient à chaudes larmes, car, avant que vous sortic^z d'office, tel qui est dans cette foule sera pendu en ce licni même, et cela arrivera sans faute. » VU un mois ne se passa pas « qu'un garçon appelé lu'cole, qui passait pour le meilleur garçon f[n'il y eût là, fut pendu en ce lieu mèm!% comme l'avait dit (iiovanni ser\iteur de Dieu. » l'n tel accid(Mit ne devait pas être fort difficile à prévoir, et il était possible aussi, avec (piel([U(> connaissance en physiognomonic . di' sm-prcndre l'apolliicaire
•2-20 lk(;i:m»i.s kc Mdvr.N Mil-:
(liiiiil.i Ci.ilclli (•uiiiinr II- lil iinliT Juif Mrr.uil . fîiunla (lciii;iii(l;i .-iiidil ( iiov.iiiiii cniiscil sur s;i roiiduilc. ( li(p\ ,111111 scrvilriir dr Dieu i(''|)(Hi(lil ; (' 'IViclic (li'lrc aussi hoii (|iic In passes [nMir « Irti'c! 1 l'A C.iiiiila voiilaiil en (Icinaiidcr pins, il lin dil : i' Tn sais cl je sais! .. » l-]l il s'appi'o- (dni (II* son iirrdh' cl Ini dil en -^ccri'l si'S pridirs, (pic pci'soniic (pic hicii cl Ini ne connaissail . cl il Ini dil ({{• s aincndci'. siikui (|ii il linirail niai. » Los conseils de (■ii(i\aiiiii sonl pai-ldiil excellents. pacili(pics cl pleins d niic lr("'S honiic imwalc. cl s il a lail (pu'Upies dnpcs. conunc on ne pcul uik'm'c en donlcr malgré sa réserve à l'éufard d'Aiildiiio. il a pli aussi exercer en plus d un cas, gTàce au jircslinc ([ni 1 cnidurail, i\\\o salutaire iniluence.
l'oni' iKiii'-. il nous inl(''rcssc snrlonl c(unine un docuuicnl vivaiil sur la l(\ncndc dont il a pr(''tendu se faire le héros. Ce (piil racoulail de Ini-incnie nous sert à connaître (piclipies traits de cette légende telle ipi il l'avail ('n ideniinent apprise avant d'avoir l'idée de l'cxploiler, el la crédulité (pi il l'cncontra iiaiioiil nous inonlre coml)i(M) cclllc lén-(>nd(>. avec le lient de .Icaii nonlcdicn. (pii csl pi'()])al)lcmcnl d'(U'ii;iiic IVaiico-palesl inicniic, clail jtopulairc en llalic au nV si(''(dc. C Csl une li-('s inlinc^sanlc ccnlrilm-
tion à l'histoire poéliquc du Juif F^rranl (|ue nous devons à INI. Morpurgo, el au mérite (\v la publication d'un document vraiment curieux, il a joint celui d'un commentaire aussi agréable que savant.
La sagesse des Indiens et leur faculté d'invention ingénieuse leur ont fait créer la plus grande partie des courtes fictions qui, sous forme de contes ou de fables, ayant franchi à des époques diverses les mers qui font communiquer l'Inde avec l'Egypte, ou les montagnes qui la séparent de la Perse, circulent depuis des siècles parmi les diverses nations de l'Orient et de l'Occident, les charment par leur sujet et les instruisent par leur morale. De ce nombre est aussi l'historiette qui a fourni son thème au poème français qu'on lira plus loin. La forme sanscrite dans laquelle elle a certainement été conçue n'a pas encore été retrouvée ; mais l'existence n'en est pas douteuse : elle est attestée par de nombreuses dérivations plus ou moins directes.
La première se trouve dans le célèbre roman
226 LÉGENDES KT MDVr.N A(.F.
grec de Barlaam elJoandphJ'uno dos productions les plus curieuses de la lillt'ialiirc by/.aiiliiic. On eu a longtemps attribué la rédaction à saint Jean de Damas (GTO-TtJO environ); mais il paraît jjIus ancien : il a dri éln- éei-il à .lérusalcni au vu', peutêtre même au vT siècle. Cccpii en l'ait le i>lus grand intérêt, c est (jue, sous le nom du j)rince indien Joasapli, l'auteur raconte en réalité 1 histoire légendaire du Bouddha, devenu sous sa j)lume un ascète chrétien converti de l'idolâtrie à la vraie religion par un certain Barlaam. Ce roman eut un grand succès et passa pour une histoire vraie, si bien que Joasaph, c'est-à-dire le lîouddha, ligure encore comme un saint dans le martyrologe de l'Eglise romaine, comme dans le calendrier de l'Église grecque. Il y a en efl'et entre l'enseignement moral du christianisnK^ et celui du bouddhisme, malgré la différence despoints de départ, des rapports si frappants, que l'un a pu très facilement emprunter beaucoup des paraboles et des récits que lautre avait créés pour rendre cet enseignement plus sensible et plus efficace. C'est ce qu'a fait l'auteur de Barlaam et Joasap/i, non seulement pour le cadre général de son livre, pris dans la légende du Bouddha, mais pour |)lusieurs petits récits, bouddhiques aussi de caractère ou d'adoption. De ce nondjre est celui (pii
Llî LAI DE l'oiselet 227
nous occupe, qu ilmet dans la bouche de Barlaani inculquant au jeune Joasaph la doctrine chrétienne. ^'oici comment il le rapporte :
Un oiseleur^ avait pris un des oiseaux les plus petits (on l'appelle un rossignol), et il allait le tuer avec son couteau, mais l'oiseau reçut la faculté de parler et lui dit : « A quoi te servira-t-il de ni'ôter la vie ? ïu ne pourras apaiser ta faim avec mon corps; mais si tu voulais me relâcher, je te donnerais trois préceptes qui, si tu les suis bien, pourront t'ètre d'un grand avantage. » L'oiseleur surpris d'entendre l'oiseau parler, promit de le relâcher s'il lui communiquait ces trois utiles préceptes. « Ecoute donc, » dit l'oiseau. « Voici le premier : N'essaie jamais cV atteindre une cJiose qui ne peut être atteinte. Voici le second : Ne te chagrine pas pour une chose perdue et impossible à recouvrer'-. Voici le troisième : Ne crois jamais à une parole incroyable. Observe ces trois recommandations et tu t'en trouveras bien. « Le chasseur laissa donc l'oiseau s'envoler, comme il le lui avait promis. Et le rossignol, en voltigeant au-dessus de sa tète, se mit à chanter doucement ; puis, sa chanson finie, voulant savoir si l'homme avait compris la valeur de ses préceptes et en avait
1. Au lieu d''-;î'J'';ç, le manuscrit grec suivi par le traducteur latin portait sans doute -o'îij--r[:;^ qu'il a rendu par « sagittarius ».
2. Le te.xte porte : [^r, [.lîxajjLïÀoj l-\ xrpayijiaT' T.OLpzjMô'/-.:, mais la traduction latine c{ui donne : Ne doteas de re perdila et irrecuperabili, reproduit sans doute niieuxtoriginal, cununc le montre la comparaison d'autres versions et du te.xte grec lui-même plus loin.
228 LKC.KNDKS Dl" MdYKN Xt'.V.
rclirr <nicl(|iir iililitr, il lui dil : ■ nm» tu as élé dcrai.s(iunai)l(' ! lu as perdu par la faule un j^raiid trésor : j ai dans nios ontraillcs une pcrio plus {grosse qu lin irurdaiiiruclu". » Lliomnie, en entendaiil ces mots, fui [)lein de douleur ; il leiulil son filet et sefforea de reprendre loiseau ; il lui disait : « Viens dans ma maison, j'aurai tous les soins de toi, je te nourrirai de mes mains et je te laisserai voler à Ion aise. » Mais le rossignol lui répondit : « Maintenant, je vois que tu es A'raiment déraisonnable. Tu n'as retiré aucun fruit des préceptes que je t'ai donnés: lu te chagrines de inavoir perdu iliiaïul tu ne peux me recouvrer; lu as essayé de nie prendre (juand il t Csl impossible de m'atteindre; et tu crois qu'il va dans mes entrailles une perle jibis grosse qu'un œuf d'autruche, quand mon corps tout entier n'atteint pas cette grosseur' .»
Le rédacteur du roman yree a donné à cette fable une morale qui n'était certainement pas dans sa source indienne et qui ne lui convient guère : « Non moins sols sont les hommes qui ont confiance dans les idoles, (pii adorent des dieux façonnés par eux et se figurent être gardés par ceux dont ils sont les gardiens. »
Ce roman de Barlaam et Juasaph a eu une fortune singulière-. On en fit de bonne heure une vcr-