Pijrensei pinifertœ vertices (.\vienus, Ora maritima
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Mais M. .1. \iiis(Mi, aussi comj)(''lpnl cniimic foroslier <[u(' coininc aiilic|uairc. juDlrstait à son toiircn sens inverse : « Il nCsl ji.is |)i-((|);il)le ([n'au lomps (lo Charloniagiu" il y ail eu j)liis (lu'aiijour- (1 iiiii (les pins propromcnl dits dans les Pyrénées. Les forèls «pii avoisinenl Honcevanx sont siirloul composées fie sapins el de hêtres. Je ne crois pas, d ailleurs, ])(»ur ma pari, qu(> l'auletii' de la Chanson de Roland soit jamais allé à Roncevaux. »
C'est sur ce dernier point ([u'on m'a fait l'honneur de me j)rendre i)our arbitre : 1 auteur de la Chanson de Roland est-il allé à Ronccvaux'.' — Mais la question ne saui'ail se poser avec celte simi)licité. La Chanson de Roland n'est pas une œuvre composée d'un seid j(^f à un moment donné : elle renferme en elle des élénieiils de date et (1(^ provenance très différentes : les uns, comme j ai déjà essayé et comme j essaierai encore de le monfrei-. remontent à rimjircssion directe de l'événemenl (ui'elle célèbre; les autres ont été introduits dans le cours des siècles par des poètes de ])rofessioii. qui inveiilaienl d(> I ou tes pièces deséj)iso(les |)roj)res à augmenter lintérèt (lu [)oème et à en (h''\ i'lop[)er l'inspirai ion héroïque et nationale. (^)ue 1 un de ces j)oètes ail été à Roncevaux, c'esl bien possible. Les ion;jlenrs
français, dès le x" siècle probablement, passaient les monts pour aller en Espagne exercer leur métier; rentrés en France, ils pouvaient, d'après leurs souvenirs de voyage, ajouter quelques « laisses » ou en modifier quelques-unes dans le vieux poème dont le débit était un de leurs meilleurs gagne-pain. Mais qui pourrait discerner, dans la version qui nous est arrivée, la part de chacun d'eux ? Et ce qu'ils ont ajouté d'exact, ils ont pu le devoir, non à une vue personnelle des lieux, maisaux récits de quelque pèlerin revenu de Compostelle. Les pèlerins apportaient à Roncevaux leur connaissance du poème, — qui avait évolué loin de là, — et ils prétendaient retrouver sur place ce qu'ils avaient dans la mémoire. La Chanson elle-même invoque leur témoignage, à propos du prétendu tombeau de Roland à Blaye ; elle peut aussi bien leur devoir des traits relatifs à Roncevaux... L'auteur de la CArt«so^2 de Roland s'appelle Légion, et parmi ceux qui, du viu'= au XI® siècle, auraient le droit de se lever pour répondre à l'appel que nous adresserions à cet auteur, il serait bien téméraire d'affirmer qu'il n'y en a pas un qui ait passé par Roncevaux, à une époque où tant de gens y passaient. On peut même croire que l'auteur de la première chanson — noyée dans les accroissements successifs
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qu'elle ci reçus — y était avec larmée de Charles. Mais de ce qu'on ri'lève dans le j)oème des traits qui indiquent une connaissance exacte, et peutêtre contemporaine, des lieux tl des faits, on ne peut ric^ii (•(inclure j)our 1 CiiseniMc de I OiivraL^'C.
l II j((>("'in(' (jui l;iil (lu roi (les l'Yaiics (1 lui ries, Agé de trente-sept ans en 77<S, rcnipcrcur Cliarlemagnc à la barbe blanche et au chef Henri, — quiipfuorelaparticipation des Basques à la bataille, — qui t'ai! adorer aux Sarrasins les idoles Mahomet, ApoUin et Tervag-aiit. — (pii raconte que Charlemagne non seulement massacra près de IKbre, grâce à un miracle, les ennemis échappes aux coups de Roland, mais prit Saragosse et en lit une ville chrétienne', — un tel poème est évidemment très éloigné des événements qu'il raconte, et ce n'est que par grand hasard qu'on peut encore y discerner quelques traces de réalité contemporaine.
La « question du pin » apparaît dès lors comme assez oiseuse. Le pin est un ai-bre très en vogue chez nos vieux poètes, ([ni lui fonl volontiers
1. Kt je lu' parle jias do l'i-pisodo de Haligaiit, oii l"on voit le chef de tuus les « païens »arriver d'Alexandrie pour être vaincu et tué par Cliarleinai,'ne : c'est un pot^'uie indt'pendant insc^Tù dans le luMre; mais enlin il en fait |)artie int(;'gtante depuis le moment oii celui-ci a étérJ'digé dans la forme (pie nous avons.
prêter son bel ombrage à des entretiens ou à des événements importants. Or ils ne se gênaient pas — surtout quand Tassonance ou la rime les y invitait — pour transplanter des arbres d'un pays dans l'autre : c'est ainsi que dans nombre de nos chansons de geste nous voyons des oliviers s'élever en plein nord de la France. On pourrait donc admettre, sur l'autorité de M. Vinson ^ que jamais il n'y a eu de pins à Roncevaux. Mais voici qu'à cette autorité s'en oppose une autre qui, en l'espèce, paraît encore plus décisive. M. Wentworth Webster a bien voulu m'écrire : « La végétation, dans ces régions, est sujette à de grandes transformations. Quand Orreaga, « le champ des genévriers », a reçu son nom, il y croissait certainement des genévriers. Or la zone des genévriers est en même temps la zone extrême des hêtres ; ensuite viennent les pins et les sapins. L'ordre — en ligne ascendante — est celui-ci : hêtres — hêtres et genévriers, — hêtres et genévriers avec quelques pins isolés, — pins et sapins, — sapins. — On peut voir tous ces arbres en gradation régulière en allant de Sainte-Engrace, au pic d'Anie -. 11 est impossible de décider, d'après
1. Pour M. Vinson, le vers d'Avienus ne s'applique qu"aii.\ Pyrénées orientales, où croit en effet en abondance le pinus pyrenœica.