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j'oubliai qu'il fallait prendre les armes. Je
me saisis d’un tison de feu ardent ; j’enfon-
çai la porte de la poudrière, je défonçai deux
barils de poudre, sur lesquels je promenai
“ mon tison, en faisant dire à ces sauvages
«a CN
d’un ton assuré, que je ne périrais pas par
(14 | ‘ 4 , ay L a1Q leurs mains, et qu’en mourant, j'aurais la
gloire de leur faire subir à tous mon même
| ‘6 sort.
Les sauvages virent plutôt mon tison
qu'ils n’entendirent mon interprète. [Is
volèrent tous à la porte du fort qu'ils ébran-
« Jèrent considérablement, tant ils sortaient : avec précipitation.
- J'abandonnai bien vite mon tison, et je : peus rien de plus pressé que d'aller fermer © Ja porte de mon fort.”
Cette aventure effraya tellement le personcl du fort, que pas un Français ne voulut y demeurer; pas même, dit Legardeur de St- Pierre, pour toutes les fortunes du monde. Le fort fut abandonné au printemps, et Les sattvaces le brûlèrent dans le cours de l'été.
Tel fut le sort du fort LaReine; il avait
&té bâti au mois d'octobre 1738.