‹ Lègendes du Nouveau TestamentChapitre 15 sur 106 · DE LA FUITE EN ÉGYPÏE · texte numérisé non relu

DE LA FUITE EN ÉGYPÏE

tête jusqu'aux pieds de Marie, qui cueillit de ses fruits, dont les voyageurs se rassasièrent.

» Cependant l'arbre restait incliné, attendant pour se relever l'ordre de celui qui lui avait commandé de se courber. Jésus lui dit : « Retire-toi, palmier, grandis et sois le compagnon de mes arbres qui sont dans le Paradis de mon Père. Écarte tes racines, et laisse couler, pour nous rafraîchir, la source cachée qui est à ton pied. »

» Et incontinent le palmier fut déchaussé , et de ses racines se répandirent des jets d'une eau fraîche et délicieuse à boire. A cette vue, les voyageurs se réjouirent beaucoup; ils burent, eux et leur monture; et tous rendirent grâces à Dieu.

» Le lendemain ils partirent de ce lieu. Gomme ils s'éloignaient, l'Enfant Jésus se tourna vers le palmier et lui dit : a J'ordonne qu'un de tes rameaux soit transporté par les Anges et planté dans le Paradis de mon Père. Je veux que désormais quiconque aura triomphé dans les combats de Dieu soit couronné de ton feuillage. » Bientôt après ces mots, on vit un Ange planer sur la tête du palmier , en détacher un rameau,, et s'élever dans le ciel. »

ïl y a sur ce mystérieux voyage un grand nombre de légendes naïves que nous ne pouvons omettre.

Un jour, comme Jésus, Marie et Joseph voulaient entrer dans une caverne pour se reposer , un grand nombre de dragons sortirent de la caverne. Jésus, aussitôt, descendant des bras de sa mère, se tint debout devant ces monstres, qui baissèrent la tète, l'adorèrent, et se retirèrent au loin.

Ils rencontrèrent ensuite des lions et des léopards, qui, loin de les effrayer, marchaient devant eux et semblaient leur montrer le chemin. Les bêtes féroces ne se retiraient pas sans s'incliner devant l'ordre que leur donnait Jésus de ne faire aucun mal aux enfants des hommes. Alors s'accomplissait, dit l'histoire de la Nativité de Marie et de l'Enfance de Jésus, ce qu'avait dit le prophète à propos de la venue du Messie : « Les loups seront dans le même pâturage que les agneaux , le lion et le bœuf partageront le même repas. »

« Un autre jour, Joseph, dans une plaine nue, se voyant poursuivi par les émissaires d'Hérode, prit une poignée de blé, la sema; aussitôt le blé germa et grandit si vite, qu'en un instant il se trouva haut et mûr. Il y cacha Marie et l'Enfant, et quand les gens d'armes arrivèrent , prenant Joseph pour un laboureur, ils lui demandèrent si une femme portant un enfant et un homme avec elle n'avaient point passé par là ?

» — Oui, dit-il, justement quand je semais ce blé.

» Les gens d'armes, voyant le blé bon à cueillir, se trouvèrent fort déroutés par cette réponse et allèrent plus loin. »

Dans d'autres récits, qui ont guidé les imagiers et les peintres du moyen âge, comme on peut le voir par un assez grand nombre de vieux vitraux et de miniatures anciennes, Joseph ne sème pas le blé ; mais il a fait croître en un instant la semence que vient de jeter dans son champ un bon villageois. Cet autre personnage, émerveillé, prend sa faucille pour mois-

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