‹ Lègendes du Nouveau TestamentChapitre 16 sur 106 · DE LÀ F LITE EX EGYPTE · texte numérisé non relu

DE LÀ F LITE EX EGYPTE

sonner son champ ; et c'est lui qui répond aux hommes d'armes que la femme et l'Enfant passaient quand on semait le blé qu'il récolte.

Enfin Marie et Joseph parvinrent à sortir de la Palestine avec le trésor du monde. La seconde partie de leur voyage ne fut pas moins pénible que la première. Mais s'il est vrai, comme plusieurs l'ont pensé, qu'ils purent se joindre dès lors à une caravane, ils eurent du moins plus cle sécurité.

Au bout d'un voyage qui dura environ trente jours, la sainte Famille arriva à Héliopolis, autrefois Memphis et aujourd'hui le Caire, où l'on présume qu'elle voulait s'arrêter (î ).

Les écrivains des premiers siècles ont conservé sur le séjour en Egypte quelques rares et précieuses traditions, que nos pères du moyen âge n'ont jamais mises en doute et que nous ne devons peut-être pas repousser trop fièrement.

Us disent, et c'est ici une croyance admise, — qu'au passage de l'Enfant Jésus les idoles des temples voisins tombaient et se brisaient. Évagre raconte, dans sa Vie des Pères., que lui-même a vu , à Hermopolis, un temple dont toutes les statues des faux

(1) On montre au vieux Caire la retraite où se logea la sainte Famille. Elle est dans le monastère de Saint-Serge, qu'on appelle Deir-el-Xasmra. L'enceinte de ce monastère est très-vaste; l'église, qui se trouve à l'intérieur, est petite et pauvre. De chaque côté du grand autel est un escalier de douze marches , par lequel on descend dans une chapelle ou grotte souterraine de vingt pieds environ en longueur sur douze de large. On passe, de cette première grotte, dans une autre plus petite qu'on désigne sous le nom de Four, parce qu'elle en a un peu la forme. Ces deux grottes, assure-t-on, composaient l'humble asile de Jésus, Marie et Joseph. (Vie de saint Josepli . par un ancien curé.)

dieux avaient été renversées et brisées lorsque Jésus avait passé par cette ville.

On lit dans l'Histoire de la nativité de Marie et de l'enfance de Jésus que , quand la sainte Famille parvint à la ville d'Hermopolis, — comme Marie ni Joseph n'y connaissaient personne dont ils pussent réclamer l'hospitalité, — ils entrèrent dans un temple où l'on offrait tous les jours des sacrifices aux idoles, qui étaient nombreuses. Or il arriva que, Marie avec son Enfant s'avançant dans le temple, toutes les idoles tombèrent par terre et se brisèrent. Ce fracas attira quelques curieux, qui coururent dénoncer l'événement au gouverneur de la ville. Il se nommait Afrodisius. Il vint sur-le-champ , suivi d'une grande troupe de soldats, qui épouvantèrent un moment Marie et Joseph. Mais dès qu'Afrodisius eut considéré toutes les idoles renversées à la fois, et qu'il ne vit dans le temple que l'Enfant Jésus dans les bras de sa mère, accompagnée d'un vieillard, il s'écria :

— Si cet enfant n'était pas un Dieu, nos dieux ne se seraient pas tous jetés sur la face en sa présence. Prosternés devant lui, comme vous les voyez, ils le reconnaissent pour leur souverain. C'est à nous de suivre leur exemple , si nous voulons éviter son indignation et ne pas tomber en péril de mort, comme il est arrivé , dans les anciens jours , au Pharaon qui méprisa les avertissements du Très-Haut.

Après cette allocution, il se prosterna devant l'Enfant Jésus et l'adora ; ce que fit aussi toute la troupe qui l'accompagnait.

C'est sans doute dans cette ville que le fils d'un

Page 1