‹ Lègendes du Nouveau TestamentChapitre 23 sur 106 · DE NOTRE -SEIGNEUR · texte numérisé non relu

DE NOTRE -SEIGNEUR

prédite, si ardemment attendue, Israël s'émut, la Judée entière, la ville sainte, les régions qui avoisinent les bords du fleuve sacré, s'ébranlèrent et accoururent pour entendre la parole du prophète, et l'on s'empressait autour de lui d'autant plus vivement que, depuis de longues années, Dieu n'avait laissé tomber sur aucun homme en Israël un rayon de cette science divine qui dévoile les secrets de l'avenir. L'austérité de ses mœurs, la simplicité de ses vêtements , la pâleur de ses traits , la sainteté de sa vie, entraînaient les masses et donnaient à sa parole une autorité pleine de grandeur et de puissance.

« Je suis, disait-il , comme il est écrit dans le livre » d'Isaïe, je suis la voix qui crie dans le désert : Pré- » parez les chemins du Seigneur, rendez droits ses » sentiers; toute vallée sera comblée; toute monta- » gne , toute colline sera abaissée. Les voies tor- » tueuses seront redressées, les voies escarpées seront » aplanies ; et toute chair verra le Sauveur envoyé » de Dieu (1). »

À tous il adresse des paroles convenables. Il dit aux publicains, qui lui demandent ce qu'ils doivent faire : — Ce que votre devoir exige, et rien au delà (2). Aux soldats : - — N'exercez de violence envers personne; évitez la calomnie; contentez -vous de votre solde. A tous : — Faites pénitence, car le règne de Pieu est proche. Que l'homme qui a deux vêtements

(1) S. Luc, ch. m. — M. l'abbé Gauthier, Légende de saint Jean- Baptiste.

(2) Les publicains étaient les receveurs des impôts pour les Romains, et c'est à ce titre que les Juifs les détestaient.

Page 1