DE LA PRÉSENTATION DE MARIE AU TEMPLE
Ab aeterno Domimis....
Te pulchram ornavit Sibi sponsam in quâ Adam non peccavit.
(Offic. parv. Immac. Concept.)
On lit dans le Protévangile de saint Jacques que l'enfant se fortifiait de jour en jour. Lors donc que Marie eut six mois , Anne la posa à terre , pour voir si elle s'y tiendrait debout. Elle fit sept pas et vint se jeter dans les bras de sa mère, qui s'écria :
— Vive le Seigneur mon Dieu 1 Vous ne marcherez plus sur la terre, mon enfant, jusqu'à ce que je vous aie offerte dans le Temple du Seigneur.
Elle purifiait son lit tous les jours, en éloignant tout ce qui était souillé, et ne laissait approcher de la sainte enfant que des filles juives sans tache.
Quand Marie eut accompli sa première année , Joachim donna un grand festin, où il convia les princes des prêtres et tout le sénat. Les prêtres di-
saient: — Dieu de nos pères, bénissez cette enfant, et que son nom soit célébré dans toutes les générations l
Sa mère la prit pour lui donner le sein; et elle chanta ce cantique devant l'assemblée :
a Je chanterai les louanges du Seigneur mon Dieu, parce qu'il m'a visitée et délivrée de l'opprobre dont me couvraient mes ennemis,
» Le Seigneur m'a donné le fruit abondant de la justice.
» Annoncez aux fils de Ruben qu'Anne la stérile allaite.
» Écoutez, tribus d'Israël, Anne la stérile donne son lait à une enfant. »
Quand Marie eut deux ans , Joachim dit à Anne , son épouse : — Conduisons l'enfant au Temple, selon le vœu que nous avons fait, de peur que Dieu ne se courrouce contre nous.
Anne répondit: — Elle pourrait redemander encore son père et sa mère; attendons qu'elle ait trois ans.
C'est dans ces jours d'attente qu'il faudrait placer une charmante tradition, reproduite mille et mille fois par les peintres et les statuaires , retracée dans les vitraux de nos églises, et qui nous rappelle ou nous représente l'heureuse sainte Anne donnant à la jeune Marie une leçon de lecture. Cette gracieuse légende est partout admise.
Dès que la jeune Vierge eut trois ans, son père et sa mère jugèrent que le temps était venu de tenir leur vœu.
Ils partirent pour Jérusalem , quoiqu'on fût au