IX. — L'EXPECTATION
Prope est ut veniat tempus ejus.
(Isaïe, ch. XIV.)
a Le silence de saint Joseph et celui de la sainle Yierge, dans les circonstances qui viennent d'être exposées, ont quelque chose d'étonnant. Joseph ne découvre rien de sa peine à Marie ; et cette épouse si pure ne s'inquiète pas non plus pour lui faire connaître son innocence. Assurée que tout ce qui se passait alors était l'ouvrage de la sagesse de Dieu , elle s'abandonne absolument à sa providence.
» Saint Joseph , instruit par l'Ange du Seigneur, obéit sur-le-champ aux ordres du Ciel et retient sa femme avec lui. Cette obéissance est un prodige. Joseph soumet en un instant toute sa raison à la foi ; et son âme, d'une pureté tout incomparable, s'unit plus intimement que jamais à Marie, pour être l'éccnome en quelque sorte d'un tel mystère (1). »
On avait publié dans la Judée , tributaire de Rome, un édit de l'empereur Auguste qui prescrivait le dénombrement des peuples soumis à l'empire. Les officiers romains chargés de l'exécution de l'édit dans les
(1) La vie de saint Joseph, par un ancien curé, chap. ni. — Plusieurs dans les anciens Pères ont cru que Dieu voulait couvrir du voile du mariage la naissance merveilleuse de Jésus , afin que le démon n'en fût pas instruit; et l'on voit, dans la vie de Xotre-Seigneur, que Satan ignore qui est celui dont il presse la mort , sans prévoir que cette mort sera sa défaite.