‹ Lègendes du Nouveau TestamentChapitre 84 sur 106 · LES DERMÈRES AXXÉES DE LA SAINTE VIERGE · texte numérisé non relu

LES DERMÈRES AXXÉES DE LA SAINTE VIERGE

d'Éphèse sont une preuve des bénédictions qui suivaient les pas de Marie.

Les Pères disent aussi que saint Jean et les autres évangélistes durent beaucoup de lumières à la sainte Vierge; que c'est d'elle que saint Luc recueillit plusieurs merveilleuses circonstances de l'enfance de Jésus, et que c'est l'extrême humilité de Marie qui imposa aux évangélistes et aux apôtres le silence , si souvent imposant , qu'ils gardent sur elle.

Lorsque Marie connut que sa mort approchait, — et c'est une tradition conservée par Nicéphore , par Métaphraste , admise par tous les pieux écrivains , que cette bonne nouvelle lui fut apportée par l'ange Gabriel, le même qui lui avait annoncé qu'elle était bénie entre toutes les femmes, et qui alors lui révéla le jour et l'heure où elle devait rejoindre son divin Fils , — elle souhaita de rendre son âme à Dieu dans les lieux sanctifiés par la Rédemption. Saint Jean aussitôt prépara tout pour le départ; il la ramena à Jérusalem, la fit loger dans la maison dont la descente du Saint-Esprit avait fait un sanctuaire, et alla annoncer à saint Jacques le Mineur, premier évèque de l'Église déjà nombreuse de Jérusalem, que la Mère de Jésus venait mourir là.

Saint Jacques et tous les autres disciples se rendirent sur-le-champ auprès de Marie. La nuit commençait; avec elle se pressaient les dernières heures où la terre devait posséder sa reine. Les lampes furent allumées; l'assemblée se rangea silencieusement autour du lit où reposait la Mère de Dieu. Les Apôtres, dispersés dans le monde, avaient été mys-

térieusement prévenus cle ce grand événement, et tous se trouvaient , hors un seul , rassemblés subite- • ment à Jérusalem, avec plusieurs nouveaux disciples.

Marie avait soixante-douze ans , et rien n'annonçait en elle une dissolution prochaine. Exempte de la tache originelle, elle n'avait pas vieilli.

Après qu'elle eut encouragé les chefs de l'Église naissante, et qu'elle eut, de sa voix mélodieuse, remercié Dieu, qui abrégeait son pèlerinage, ce Dieu qui avait fait en elle de si grandes choses, elle étendit les mains sur les saints à genoux. Elle, les bénit tendrement. Puis élevant ses beaux yeux, elle vit les cieux ouverts dans leur pompe inouïe, et son Fils, plein de gloire, qui venait à sa rencontre. Les douces harmonies du chant des Anges, au milieu des splendeurs soudaines qui descendaient du ciel, furent pour les Apôtres le signe que Marie les quittait; et alors son âme s'éleva doucement, laissant pour un moment ici-bas sa dépouille terrestre , empreinte d'une telle sérénité, qu'on voyait bien que la mort n'avait pas touché un corps si auguste et que c'était non une décomposition, mais plutôt un sommeil (1).

Aussi, quelques anciens Pères, et entre autres saint Épiphane, paraissent-ils douter si la Mère de Dieu est véritablement morte, ou si elle est demeurée immortelle, ayant été enlevée en corps et en âme dans le ciel. Mais le sentiment de l'Église est que la sainte Vierge est morte véritablement, selon la con-

(1) Dormitio. Dans les anciens martyrologes, cette fête est appelée indifféremment l'assomption, le passage ou le repos de la Vierge Marie. (Godescard, 15 août).

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