‹ Lègendes du Nouveau TestamentChapitre 85 sur 106 · LES DERNIÈRES ANNÉES DE LA SAINTE VIERGE · texte numérisé non relu

LES DERNIÈRES ANNÉES DE LA SAINTE VIERGE

dition de la chair; et elle le déclare nettement dans l'oraison de la messe du jour de l'Assomption.

« La mort étant la peine du péché, il semblerait que la divine Mère, elle qui était toute sainte et parfaitement pure de toute tache, ne devait point la subir, ni partager avec les pécheurs le châtiment réservé aux malheureux enfants d'Adam. Mais, ajoute saint Alphonse de Liguori , Dieu voulant que Marie fût en tout semblable à Jésus, elle devait aussi mourir, comme Jésus était mort. De plus, la mort de Marie devait être pour les justes un exemple de cette mort précieuse que le Seigneur appelle, selon luimême, mort pleine de douceur et de félicité. »

Marie était morte dans la pauvreté, qui fut la compagne de toute sa vie. Elle ne laissa (disent Nicéphore et Métaphraste) que quelques vêtements modestes, qu'elle légua à deux saintes femmes, desquelles elle avait été assistée souvent.

Dès qu'elle eut fermé les yeux, les pleurs et les sanglots éclatèrent parmi l'assemblée. Les pieux cantiques s'y mêlèrent bientôt; car la salle était remplie d'une lumière surnaturelle, et d'harmonieux chants, inconnus à la terre, saisissaient tous les cœurs. Une odeur si suave entourait le corps de Marie, qu'on n'osa pas d'abord l'embaumer. Tous les fidèles accoururent; tous les malades qui se présentèrent trouvèrent là leur guérison. Saint Jean Damascène, qui nous a transmis ce qu'il avait recueilli des plus respectables traditions, dit que les Juifs même non convertis ressentirent les effets du pouvoir de Marie et eurent part à ses miracles. On plaça le corps sacré

sur un brancard chargé d'aromates; et quand l'heure de la sépulture fut venue, les Apôtres le portèrent sur leurs épaules au jardin de Gethsémani. Les fidèles suivaient tous avec des flambeaux.

Or, les légendaires nous apprennent que ces bienheureuses funérailles furent troublées par un parti de Juifs, qui voulut s'emparer du corps immaculé et le livrer aux flammes. Le prince des prêtres, voyant passer le cercueil porté par les Apôtres, chercha à le renverser; mais ses deux mains y restèrent attachées et comme embrasées d'un feu ardent. La prière de saint Pierre obtint sa guérison.

Ne rejetons pas ces traditions; elles expliquent des monuments que l'on ne comprend pas, si on les ignore. Ainsi, la scène que nous venons de rapporter en peu de mots est le sujet d'un des bas -reliefs remarquables qu'on voit encore assez conservés à l'extrémité du chevet de Notre-Dame de Paris, sur le mur extérieur.

Le tombeau préparé par les saintes femmes de Jérusalem était couvert de fleurs. Le corps de Marie, inondé de larmes, y fut déposé au milieu des concerts de louanges.

Pendant trois jours, les Apôtres, se relevant les uns les autres, demeurèrent auprès du sépulcre, chantant des cantiques auxquels les Anges du ciel unissaient leurs voix.

Au bout de ces trois jours , soit , comme le disent plusieurs graves récits, que saint Thomas, parti de régions lointaines , ne fût arrivé qu'alors , — (seul des Apôtres il n'avait pas été présent aux derniers

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