LES DERNIÈRES ANNÉES DE LA SAINTE VIERGE
moments de Marie) — et qu'il eût imploré la faveur de voir encore une fois la Mère de son Seigneur et de son Dieu; soit que les fidèles eussent voulu, avant de se séparer, dire un dernier adieu à Marie , — on enleva la lourde pierre qui fermait le sépulcre. On n'y trouva que la ceinture et le suaire de lin, sur les fleurs demeurées fraîches. Le corps immaculé de la Vierge très-sainte ne pouvait tomber en proie à la corruption. Il avait été enlevé dans les cieux; et la sainte Église a fait du miraculeux événement de Fassomption de Notre-Dame une de ses plus belles fêtes.
Cet autre privilège spécial, accordé à la Mère de Dieu, n'est pas mentionné non plus dans les saintes Écritures. Il ne nous a été transmis, comme d'autres saintes croyances, que par la tradition. Mais, quoique n'étant pas formellement article de foi, il n'a jamais été contesté et ne pourrait convenablement l'être.
Aucune Église n'a jamais prétendu posséder de. Marie d'autres reliques que des cheveux, des vêtements, et quelques objets qui avaient été à son usage ou qui avaient servi à sa sépulture.
Quand l'impératrice Pulchérie fit demander à Juvénal, évêque de Jérusalem au cinquième siècle, des reliques de la sainte Vierge, le prélat, en lui envoyant la quenouille et le fuseau de Marie , rappela que rien de son corps révéré n'était resté à la terre. — Il en est de même de saint Joseph.
On lit, dans le saint Évangile, qu'à la mort du Fils de Dieu les sépulcres s'ouvrirent , et que les corps
d'un grand nombre de saints personnages, qui étaient dans le sommeil de la mort, se ranimèrent. La plupart des commentateurs croient que ces saints montèrent au ciel avec le Sauveur, au jour de son Ascension, et qu'ils ornèrent son triomphe. Si quelque saint a reçu un tel honneur, c'est à coup sûr saint Joseph. Il faut croire pieusement, dit saint Bernardin de Sienne, que Jésus-Christ, dans sa tendresse filiale, ayant élevé et glorifié dans le ciel sa trèssainte Mère en corps et en âme, ij l'a fait aussi pour saint Joseph. Saint François de Sales représente cette opinion, généralement admise chez les Carmes, comme une croyance que l'on aurait tort de révoquer en doute.
Et plusieurs écrivains ont cru pouvoir appuyer ce sentiment sur ce fait , qu'à aucune époque on n'a montré pareillement d'autres reliques du saint patriarche de la loi nouvelle , que . des débris de ses vêtements, comme il s'en voit à Rome et dans diverses églises ( I ).
(1) Vie de saint Joseph, par un ancien curé. — Au plus haut de la vallée de Josaphat, à l'est, vis-à-vis du jardin de Gethsémaui, est une église bâtie par sainte Hélène ; elle se compose d'une grotte immense taillée dans le roc par un travail extraordinaire. On y descend par un magnifique escalier, large de quinze pieds, et dont les degrés, au nombre de cinquante, sont en marbre. Au bas se trouve le tombeau de la sainte Vierge, dans une petite chapelle où brûlent nuit et jour une grande quantité de lampes d'argent et d'or. Un dôme surmonte l'autel où l'on dit la messe. A peu près au milieu, sur la gauche, est le tombeau de saint Joseph. Ces deux tombeaux sont vides... (Même ouvrage.)