XII. — LÉGENDES DE LA CIRCONCISION
Dum spargit aram sanguine Jésus, salutis hostia, • Prsesens , doloris œmulum Maria pectus immolât.
, (Offic. congregat. D. Jem.)
Le huitième jour après sa naissance, l'Enfant fut circoncis , suivant la loi qu'il voulut observer (1). a Et il reçut le nom de Jésus , que l'Ange Gabriel lui avait donné avant qu'il fût conçu dans le sein de sa mère (2). »
La circoncision n'avait pas besoin d'être faite parla main des prêtres; saint Bernard présume, après saint Éphrem, que Joseph lui-même en fut le ministre. Nicéphore et saint Épiphane disent que la circoncision eut lieu dans la grotte même de la nativité.
La mémoire de cette dure cérémonie^ à laquelle Notre-Seigneur voulut se soumettre, est honorée dans l'Église le 1er janvier (3).
« Ce fut en ce jour, dit saint Bonaventure , que le Seigneur Jésus répandit pour nous les prémices sacrés de son précieux sang. Quoiqu'il fût l'innocence même , il commença dès lors à souffrir pour nos péchés , dont il acceptait la peine. Pleurez donc avec
(1) Comme si toutes les hérésies avaient dû être prévenues par la sagesse divine , l'Enfant Jésus voulait prouver par la circoncision qu'il avait pris véritablement un corps humain.
(2) Saint Luc, chap. n, >. 21.
(3) La fête du saint Nom de Jésus a lieu le second dimanche après l'Épiphanie,
lui, puisqu'en ce jour il a répandu des larmes abondantes. Car ces solennités doivent nous donner de la joie en vue de notre salut, et en même temps de la compassion, si nous considérons les souffrances de Jésus-Christ. Vous avez vu dans sa naissance son abandon et sa détresse. Vous avez vu combien de choses lui manquèrent; entre autres que je pourrais éditer, lorsque sa Mère le mit dans la crèche, elle dut poser sa tête sur une pierre enveloppée seulement d'un peu de foin , ainsi que je l'ai appris d'un de nos frères qui l'a vu; et l'on distingue encore cette pierre dans le mur où elle a été scellée en souvenir de ce fait.
» Ne doutez pas que, si Marie eût pu disposer d'un oreiller, elle ne l'eût préféré; mais, n'ayant rien que cette pierre , elle la plaça en gémissant sous la tête de son fils.
» Yous savez aussi que le sang de Jésus a coulé dans ce jour. Une pierre tranchante a déchiré sa chair. Ne devons-nous pas être sensibles à ses douleurs et à celles de sa Mère? Les souffrances que l'Enfant Jésus éprouva dans sa chair (1) lui firent donc aujourd'hui répandre des pleurs; car il était revêtu d'une chair véritable , d'une chair passible comme la nôtre. Et pensez-vous qu'en voyant couler ses larmes, sa Mère put retenir les siennes? Elle pleure donc aussi. L'Enfant qu'elle presse sur son sein, voyant sa douleur, porte sa petite main sur ses lèvres, et sem-
(1) Les apocryphes racontent que le peu de la chair de Jésus qui fut enlevé par la circoncision fut gardé par une femme, qui le mit avec des parfums dans un vase d'albâtre.