LA RUE DU PU1TS-QUI -PARLE
voir, en contant des récits diaboliques; puis, peu à peu, des maisons se construisirent à droite et à gauche avec les pierres memes du couvent détruit, et ainsi se forma la rue du Puits-qui-Parle.
Un nouvel arrêté préfectoral remplace ce nom légendaire par celui de Jacques Amyot.
Ce nom donné à l’une des vieilles rues du pays latin est un des plus heureux, et est justifié par quelques traits de la vie d’ Amyot qu’on peut résumer en peu de mots.
Quand le pauvre écolier vint étudier à l’université de Paris, il avait douze sols dans la pochette de sa souquenille bien raccommodée, mais la providence veillait sur lui, car sa mère, la bonne Marguerite des Amours, lui envoyait chaque semaine un pain par les bateliers de Melun. Malgré ce secours, le chétif écolier serait mort de faim sur la paille infecte de la rue du Fouare, s’il ne s’était mis au service des écoliers riches. Pour satisfaire sa soif ardente de science, il étudiait, la nuit, a la lueur de quelques charbons allumés, comme Jean Stoudouck, le cuisinier de Monlaigu, le collège de la Pouillerie , montait, la nuit, sur la plate-forme de la tour du college pour étudier aux rayons gratuits de la lune.
A la suite de la traduction de La Vie des Hommes illustres de Plutarque, il fut reçu maître ès arts au collège de France, ce qui lui attira la protection de Marguerite, sœur de François Ier. Henri II le choisit pour précepteur de ses deux enfants qui devinrent Charles IX et Henri III. Le lendemain de son avènement, Charles IX lui fit don de plusieurs abbayes, entre autres celle de Saint-Corneille près Compïègne, et le nomma son aumônier. La reine