L’HOT KL-DIEU
Eu 1230, saint François d’Assise fonda son tiers-ordre qui se passionna pour le service des malades.
La Maison-Dieu de Gonesse, près Paris, comme presque tous les établissements du même genre, devait son existence à une fondation pieuse. Un certain Pierre du Tillet lui a donné 100 arpents de terre ; pro anime sue remedio et uxoris sue parentumque suorum : c’est toujours et partout la même formule. L'Hôtel-Dieu de Gonesse était administré par un prieur et une prieure, avec le concours d’une communauté de Frères et de Sœurs dont les uns étaient laïques et les autres engagés dans les ordres sacrés. L’évêque de Paris désignait ordinairement les membres que la communauté devait recevoir. Le Roi jouissait aussi d’un droit de présentation. La plupart des Frères que la communauté accueillait dans son sein lui abandonnaient tous leurs biens. On peut lire dans le Procès-Verbal d’une visite faite à Gonesse en 1369, de touchants détails sur l’administration intérieure de cet hôpital. Il y avait alors à l’Hôtel-Dieu de cet humble village treize Frères, y compris le prieur, et sept Sœurs, y comprise la prieure. La plupart des Frères étaient prêtres. Il y avait cinquante lits pour les pauvres. Les membres de Jésus-Christ devaient toujours être servis avant le maître et les Frères de la maison. La nourriture des religieux était des plus simples. Les pauvres passants qui venaient coucher à l’Hôtel-Dieu y recevaient autant que possible une ration de pain. L’office canonial était récité tous les jours par la petite communauté ; la messe était célébrée tous les matins entre prime et tierce, dans la chapelle de la maison. Enfin le pape In-
nocent III, par une lettre du 18 mai 1216, avait pris l’hôtel de Gonesse sous sa protection.
Tous ces détails peuvent parfaitement s’appliquer à toutes les Maisons-Dieu qui , établies dans les villes et les villages, s’épanouirent, pendant le treizième et le quatorzième siècle, à la surface de la terre chrétienne.
Sur le seuil du dix-septième siècle, se dresse un géant d’abnégation, d’amour et de charité , Saint Vincent-dc- Paul, qui, avec son bataillon sacré de congrégations religieuses, frères et sœurs de charité, lutte avec héroïsme contre toutes les maladies que multiplient les passions humaines qui vont en grandissant !
Les peuples anciens ne connaissaient pas les hôpitaux. La charité, cette fille aînée du christianisme, n’était pas encore descendue sur la terre. Qu’aurait-elle fait au milieu des faux dieux du paganisme dont l’intérêt et l’égoïsme formaient les dogmes principaux ?
Quand on était malade, on adressait des vœux à Esculape ou à sa fille, la déesse Hygie, dont Ja statue était couverte d’un voile; les femmes de Sicyone venaient, dans certaines circonstances, couper leur chevelure aux pieds de cette déesse, pour en obtenir le rétablissement de leur santé; elle portait un sceptre d’une main* pour montrer sa puissance de guérir, et de l’autre, une coupe dans laquelle un serpent, image de la renaissance à la vie, venait s’abreuver. Les esclaves étaient soignés par leurs maîtres, intéressés à leur conservation ; quand la maladie était incurable, une barque les conduisait dans quelque île déserte où la faim et les bêtes féroces terminaient leurs souffrances. Pour les hommes libres et les