‹ Légendes et curiosités de l'histoire (volume 2)Chapitre 106 sur 113 · LE DERNIER VOYAGE A CYTHERE · texte numérisé non relu

LE DERNIER VOYAGE A CYTHERE

rapproche de ce document certaines circonstances du drame, on a en mains tous les éléments du problème, dont la solution apparaît, dès lors, aisée : nous nous trouvons bien en présence d'une hémorragie bulbaire, cV origine artério-scléreuse.

Quant à la cause occasionnelle, celle qui a produit le déclanchement, c'est à la physiologie pathologique que nous devrons recourir pour la mettre en évidence.

Nous n'insisterons, pas plus qu'il ne convient, sur les détails que la presse, grande et petite, a copieusement livrés à l'insatiable et malsaine curiosité des foules ; nous voudrions seulement, à propos de la personnalité à laquelle nous avons fait une allusion discrète, rappeler quelques cas historiques, qui peuvent être évoqués, rapprochés de celui qui nous a servi de préamljule.

Notre confrère Légué, à qui nous devons une chronique lestement troussée sur les drames de l'amour, « l'amour qui donne la mort », fait remonter, à notre avis, bien haut, les premières observations de ces défaillances dans le plaisir. Il tente d'expliquer de cette manière comment les sept maris de Sarah, l'énigmatique épouse du jeune Tobie, ont pu succomber, la nuit de leurs noces, à la suite d'une de ces agapes comme les Hébreux savaient en organiser — « agapes fabu-

S7.S LI'GENt)i:S ET CURIOSITES l)i; LIIISTOIHE

Icusps OÙ ëtaiciil «(U'vis non seulement les viandes de toutes sortes, à l'exception du porc, mais encoi'e des fruits exquis, sur une tal)le autour de laquelle toute la lignée des enfants et des arrière-|)etits-enfants, se groupaient à côté des patriarches, fécondant leurs épouses jusqu'à un âge des plus avancés ' ». ('-e sont faits légendaires dont on ne peut tirer argument, dans une étude médicale rétrospective; et l'auteur précité en est lui-même si convaincu, ([uil ne s'y attarde pas plus que de raison.

A quoi bon recourir à la légende, quand l'histoire s'offre à nous, autrement vivante, autrement passionnante (|ue l'afTabnlation la mieux imaginée ?

Montaigne a consacré un chapitre de ses Essais aux personnages morts dans des circonstances singulières; il cite, entre autres, « Ludovic, fils de Guy de Gonzague, manjuis de Mantoue, et d'un encore pire exemple, l'un de nos papes » ; un empereur, « mort de l'égratignure d'un peigne en se testonnant j) ; il aurait pu faire montre de plus d'érudition, en relatant le trépas du célèbre Politien, Ange Politien, écrivain et historien italien, qui, s'il faut en croire des bruits rapportés par Paul Jove, serait, « dans le délire d'une

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