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Il n'avait [)as de rivaux dans l'ail de conifxtsrr ses l'ëcils, de se niclUe en scène, d'i miter la voix et de contrefaire les gestes des personnages qui se tenaient à portée de ses railleries. 11 sut, à l'occasion, montrer son talent d'organisation, en concourant, dans une large mesure, à l'établissement officiel de l'Académie française, soit en faisant adopter ses statuts par le ministi'e, soit en les faisant enregistrer au Parlement par le président de cette assemblée; ce ([ui ne l'empêcha pas d'être au premier rang de ceux qui lancèrent, dès sa naissance, leurs épigrammes contre la docte compagnie, latjuelle en a reçu bien d'autres depuis et ne s'en porte pas plus mal.
Pour donner une idée de la verve et de l'esprit inventif de Bois-Robert, il nous suffira de rappeler l'histoire des trois Racans, avec laquelle il faisait toujours rire aux larmes ses auditeurs.
L'héroïne de l'aventure n'est autre que la fille adoptive de Montaigne, Mlle de Gournay, célèbre par son attachement à la langue du seizième siècle, qu'elle défendit avec énergie contre tous les novateurs.
En sa qualité de méridionale, Mlle de Gournay était d'un tempérament assez vif, et se piquait de bel-esprit. Depuis longtemps elle avait témoigné du désir de connaître M. de Racan. Un jour, certain chevalier, saclianl t|ue la vieille ck'moiselle
espérait la visite du poète Racan, qu'elle ne connaissait pas encore, s'avisa de se faire passer pour ce dernier: on devine avec quelle courtoisie il fut accueilli ; après un quart d'heure d'une conversation animée, il sortait, laissant la brave dame dans le ravissement.
Mais voici qu'un autre chevalier, ami et complice du premier, se faisait annoncer à son tour. Mlle de Gouniay s'en montra bien un peu surprise, mais croyant avoir été mystifiée par le visiteur précédent, elle fit au second visiteur assez bonne figure.
Vint enfin le véritable Racan, qui reçut toute la bourrasque. A peine fut-il en sa présence, qu'elle s'exclama : Quoi, encore des Racans ! Elle le prit d'un ton très haut, demandant si on se moquait d'elle. Racan, qui balbutiait en parlant, se défendit fort mal. Mlle de Gournay, plus convaincue que jamais qu'on la voulait jouer, « défaisant sa pantoufle, le chargea à grands coups de mule et l'obligea de se sauver*. » Bois-Robert, contant l'aventure en présence de Racan, lui arrachait cette exclamation : « Il dit v'iai ! il dit v'iai ! »
Bois -Robert voulut que Richelieu put connaître la vieille fille ; il la lui mena. Le cardinal,