AuBEBY, Histoire du cardinal de Richelieu
2. Le Cabinet secret de l'Histoire, 4* série, dernière édition.
r.E TEMPÉRAMENT DE RICHELIEU 137
Rhuiriatisaiit,hëmor'roïdaiic,iMigiaineux, Richelieu était sujet à des poussées fébriles, des douleurs de tête, des abcès et des ulcères, qui nécessitaient des pansements quotidiens. Aussi, le secours d'un homme de l'art lui est-il indispensable, la nuit plus encore que le jour, au réveil d'un sommeil trop court pour être réparateur et, le plus souvent, agité de cauchemars.
Devant les spectateurs ordinaires de la maladie et de la mort, toute pudeur disparait ; c'est pourquoi Richelieu tenait à n'avoir auprès de lui que ceux qui avaient mission de le soulager et qui, selon les nécessités, se transformaient en lecteurs ou en scribes, faisant la lecture au cardinal, ou écrivant sous sa dictée i.
Tantôt l'apothicaire, tantôt le médecin fait Toffice de secrétaire, en même temps qu'il remplit les devoirs de sa charge. Pour suppléer à leur
1. Avant d'aller plus loin, nous tenons à indiquer combien, pour ce travail de reconstitution historique, nous avons été aidé par M. Maximin Deloche, dont le remarquable ouvrage sur la Maison du Cardinal de Richelieu (Paris, H. Champion, 1912) nous a été d'un grand secours. Grâce au compte inédit, retrouvé par cet érudit, dont les recherches ont été si laborieuses et si fructueuses; grâce, aussi, aux « Documents inédits » publiés, il y a quelques années, par M. Brièle, dont nous avons déjà fait état, il nous a été possible d'établir le régime et le tempérament du ministre de Louis XIll, d'après les données les plus précises, les plus certaines.
inexpérience, un aulre secrétaire, sorte de soussecrétaire, se tient à proximité, mais non dans la chambre même du ministre, prêt à se rendre à son appel.
De 1633 à 1638, l'apollneaire en titre sert de gardien de nuit. Comnu» il ne i)eut, à lui seul, panser et médicamenter l'auguste patient, son aide, ou un valet de chambre faisant partie de la domesticité, lui prête assistance. Parfois, ils doivent, l'un ou l'autre, suspendre leur liesogne, pour relire une plirase, rayer [[w mol, ou en ajouter d'autres ' ; car le cai'dinal ne s'interrom|)t pas de travailler, même pendant le pansement : un envoyé de la reine, qui lui a été dépêché à Bordeaux, pour une affaire de toute urgence, rapporte qu'admis auprès de sa couche, il le trouva « entre deux petits lits, sur- une chaise où on lui |)ansait le derrière et tint le bougeoir, pour lui éclairer à lire les lettres de la reine et de Mme de Chevreuse », dont il «^lait j)orteur'-.
A défaut de l'apothicaire, avons-nous dit, le médecin ou le chirurgien s'ac([uittait des fonctions de secrétaire ; et de la main (|ui rc'digeait, il n'y a qu'un instant, une ordonnance on appli(|uait un (mgnent,