‹ Légendes et curiosités de l'histoire (volume 2)Chapitre 3 sur 113 · LES PHOBIES I) UNE REINE : ISABEAU DE BAVIERE U · texte numérisé non relu

LES PHOBIES I) UNE REINE : ISABEAU DE BAVIERE U

Beaucc)U|) muiiis iiilimi(l(% Ciiai-lcs la (■oiilrinpIiiiL amoui'euscmoiil, la détaillant avec une visible coiiiplaisaiice. Le soir même, il faisait connaître sa volonté : le mariage aurait lien, sans relard, en l'église d'Amiens ; le roi donnait l'ordre de presser les pi'(';paratifs et de régler le cérémonial.

De dot, il n'était point question. Charles entendait ne pas même accepter la somme d'argent qu'on avait apportée, comme cadeau de noces; par contre, Elisabeth recevait de son fiancé, très fortement épris, une couronne d'or, (jui avait la valeur d'une fortune.

Le soir où s'accomplit l'union, les dames, dont c'était l'office, couchèrent la mariée; puis, ajoute le chroniqueur, en sa langue naïve, « se coucha le Roi, qui la désiroit à trouver dans son lit... S'ils furent cette nuit ensemble en grand déduit, le pouvez-vous bien croire ». Le vertueux Froissart s'excuse presque d'en avoir trop laissé entendre.

Trois jours plus tard, on décrétait la séparation des époux. Tandis que Charles Yl, repris de son ardeur guerrière, gagnait les Flandres, Isabeau quittait Amiens, pour se rendre à Creil, où comptait la rejoindre le Roi, au retour de son expédition. Ce n'est qu'à la fin de septembre que ce projet fut réalisé. Le 25 de ce mois, le Roi arrivait, en compagnie du duc de Bourgogne, au château de Creil, où il soupait et passait la nuit.

Cela se passait le lundi. Le jeudi suivant, alors que Charles se dirigeait sur Paris, Isabeau était conduite à l'antique château fort de Yincennes, aménagé et agrandi, depuis le séjour qu'y avait fait Charles Y, et devenu une résidence royale, aussi pourvue de confort que le temps le comportait. Un an plus tard, le 25 septembre 1386, entre dix et onze heures du matin, Isabelle donnait le jour à un prince ; trois mois après, le premier enfant de Charles et d'isabeau passait de vie à trépas.

Peu de temps avant l'accouchement delà Reine, les vents s'étaient déchaînés avec violence, la foudre était tombée aux environs de Yincennes : les esprits superstitieux n'avaient pas manqué d'y voir un sinistre présage, que l'événement paraissait justifier.

L'année suivante, les déplacements de la reine sont fréquents. Senlis, l'abbaye de Maubuisson,Yal de Rueil, lieux de plaisance ou de pèlerinage, reçoivent tour à tour sa visite ; puis elle va à Chartres, séjourne dans le comté d'Eu, retourne à Beauvais, dont elle fait un centre d'excursions, apporte ses offrandes à Notre-Dame, à Saint-Eloi de Noyon.

Isabeau rentre enfin à Paris, à l'Hôtel Saint- Pol, sur l'ordonnance des « physiciens )),qui ont reconnu chez la Reine une nouvelle grossesse. On ouvre, dans l'argenterie du Roi, nu compte

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