Journal de Malhieu Marais
brise les agrafes de leur vêtement. Le duc de Noailles ne peut sempècher de lui représenter combien cet amusement est déplacé : « Sire, lui dit-il, apparemment que vous envoyez deux beaux manchons et des agrafes de diamant à ces messieurs, à la place de ceux c[ue vous rompez. «Mais le roi le considéra d'un air surpris et ne lui répondit rien.
Il garda longtemps du goût pour ce genre de distraction ; un jour qu'il s'entretenait avec son ministre, M. de Maurepas, il se divertit à lui déchirer une de ses dentelles. M. de Maurepas, prenant l'autre, la mit en pièces et dit froidement : « En vérité, cela ne m'a fait aucun plaisir^. » Cette épigramme en action mit, pour cette fois, un terme à la fantaisie princière.
Dans certaines circonstances, cette fantaisie dépassa toute mesure : ne s'avisa-t-il pas de donner un fort soufflet à son valet de chambre, qui était proche de lui ? « Cette plaisanterie a paru mauvaise à toute la Cour, commente le narrateui', et on n'augure pas bien de ce jeu de mains-. »
Ses accès de colère étaient rares; on en cite cependant quelques exemples.
Un jour, il jette au visage d'un prélat, qui bouf-