P. -M. Masson, Mme de Tencin
fiEORGES MARESCIIAL
Premier chirurgien de Louis X\' {Collection de l'auleur.)
(liraioiil les |)s\ chial les, étonnait, déconcertait, indignait.
Sa foi'ce d'inertie est signalée par nombre de contemporains. « On ne saurait croire, remarque Tuii deux', comljien cette foice d'inertie avait acquis d'empire avec le tem[)s, jii combien elle iul'iua sur les événements de son règne; c'est à elle qu'on doit atti-ibiier cette insouciance absolue sur les affaires, qui livra l'Etat aux vues particulières et aux passions des mijiistres, et qui sacrifia si souvent ces mêmes ministres aux intrigues que la faiblesse du prince multipliait sans fin. »
Cette faiblesse tenait à plusieurs causes: à l'i'goïsme dabord. L'égoïsiue de Louis Xl\ avait l'orgueil |)oui- base ; ctdui de Lc^uis X\ leposait sur le mé|)ris d'autrui. On ne pouvait le prendre que par la vanité. Très jaloux de son autorité, il se consid(''rait comme nanti de privilèges particuliers, et libéré de toute obligation envers le peuple qu'il avait été appelé, par décret divin, à administrer. Il considérait Dieu seul comme audessus de lui; encore sa religion était-elle d'une espèce parliculière '.
1. Louin X\' et Mme de Pompadour, par le lieutenant des chasses. Paris, lS7(i.
2. « On me contait il y a quelques jours, rapporte le duc de lAiynes (Vil, Sl();, une conversation du Roi avec Mme de Pqui-
Par un côté, Louis XV peut être rapproché de Louis Xï : comme celui-ci croyait aux amulettes, celui-là avait foi en l'efficacité de pratiques telles que les quarante heures, la châsse de sainte Geneviève, etc. 11 faisait retirer un morceau de la vraie croix et des reliques de saint Louis de l'endroit où ils étaient déposés, pour les transporter à une église construite par lui.
La nuit, couché auprès de Mme de Mailly, il se relevait pour dire des actes de contrition et, son oraison terminée, se recouchaittranquillement auprès de la favorite^.
Il faisait dire des prières à Téglise de Versailles, pour obtenir le salut de Mme de la Tournello : on trouva la chose tellement extraordinaire
padour.Le Roi monta cliez elle, rempli d'un sermon du P. Bourdaloue; il lui lit part des réflexions que le sermon lui avait fait faire, et lui demanda si elle voulait qu'il lui fit la lecture du reste de ce sermon qu'il n'avait pas achevé. Mme de Pompadour ne parut pas goûter la proposition. ■> Eh bien ! lui dit le Roi, je m'en vais donc chez moi continuer ma lecture », et il descendit aussitôt... » Il faisait un étrange mélange de religion et de pratiques licencieuses : c'est ainsi qu'il observait le jeûne et l'abstinence, toutes les fois qu'ils étaient d'obligation, et qu'il se rendait souvent à la messe, en revenant du bal de l'Opéra. 1. On a raconté que le Roi ne 'manquait pas de faire réciter, matin et soir, leurs prières aux pensionnaires du Parc-aux- Cerfs; il mêla toujours la religion aux actes de l'amour : la peur de l'enfer le poursuivait jusque dans la poursuite du spasme !
qu'on s'informa auprès du curé, qui ne put qu'en confiruier la rcalilc II convient de dire que ces croyances étaient celles du lein[)s'.
Pusillanime, impuissant de la volonté, vaniteux, superstitieux, il était, en outre, d'une timidité presque pathologique-. 11 ne s'est jamais débarrassé de ce fonds de timidité naturelle.
A-t-il envie de parler, la timidité le retient et les expressions se refusent. Les réponses aux ambassadeurs et aux harangues de toute espèce