L. Perey, Le Président Hénault et Mme du Deffant, 23i
lesté : il Inivait ' et sec, tenant tête, le verre en main, à sa première maîtresse, qui aimait le vin de Champagne, « comme ses grand'mères l'aimaient cinquante ans auparavant-».
On a voulu attribuer ces excès, oii Louis XV foulait aux pieds si délibérément la dignité royale, à une cause physiologique : Louis XV avait, en effet, un fond atrabilaire, qui le rendait, à certaines heures, sauvage, intraitable ; à Fontainebleau, en 1737, ne resta-t-il pas tout un jour dans son lit, sans vouloir voir ni entendre personne ?
Il y a chez le souverain, écrit un historien, une bile, des humeurs peccantes que, seuls, peuvent chasser pour un moment, le casse-cou de la chasse à courre, la violente distraction de l'orarie.
1. D'après Dufort rie Cheverny, (jui n'est pas suspect (^Wemoires, II, 184), « le roi s'était desséché le sang par l'usage immodéré du vin et des liqueurs fortes ». Marie-Thérèse, qui en avait eu vent, avait demandé à son ambassadeur, Mercy-Argenteau, de prendre des informations. « Le bruit qui s'en est répandu n'est point fondé, répondit le diplomate, et peut provenir de ce que l'on remarque souvent dans le monarque des absences d'esprit, qui ressemblent aux elïets de l'ivresse, quoi qu'elles n'en soient pas les suites. » Lettres du 15 mars et du 16 avril 1771, édition d'Arneth et Geffroy, de la Correspondance secrète, I, 139, 1.56. L'explication, tout embarrassée qu'elle soit, est singulièrement aggravante.