Essai sur le rèijne de Trajan, par C. «le L.\ IVkiii.k
LA StJPEftSTITIOX SUR LES TRONES 279
Il soiiinit (ral)()icl la science du dieu à une épreuve peu i('s[)eetueiis(' : les pi-rlres lui avaient dit d'écfii'e sadeniaudc sur un hillcl, qu'il leuicthait cacheté, et lui axaicul promis une réponse danf5 la même loruic. Trajau icmit un billet blanc ; mais, en oun raut celui qui lui était rendu, il ne trou\a (pi'uuc icnille blanche. Il en conçut une haute (i|)iui<)U de la divinité, ([ui répondait avec tant dc'spril. et il se résolut à l'interroger de boniu' loi.
Le dieu, louche de cette marque de confiance, fit une ré[)ouse [)lus positive que la première, mais ([iii u'i'iait [)as dépoLirviie d'ambiguïté : il ordonna de couper en moiceaux le cep de vigne d'un centurion, déposé parmi les offrandes, et de remettre à Trajan ces éclats de bois, rassemblés dans n\\ sudaiiiiin.
Cette réponse allégorique ne {)ouvait manquer tie justifier l'événement quel qu'il fût.
En effet, explique Fontenelle, « (jue Trajan retournai à Rome victorieux uiais blessé, ou ayant perdu une partie de ses soldats; ([u'il fût vaincu et (jue son armée fût mise en fuite ; cpi'il y arrivât seulement (piel(|ue division : (|u'il en aiiixàl dans celle des Parlhes ; (pi'il eu arrixàt nu'iue dans Home <'n l'absence de l'empereur; (|ue les Parthes fussent absoUmienl défaits; ([u'ils ne fusseivt défaits ([u'en partie; (pi'ils fussent
abandonnés de (juelques-uns de leurs alliés, la vigne rompue convenait merveilleusement à tous ces cas différents. 11 y eût eu bien du malheur, s'il n'en fût arrivé aucun et.., les os de l'empereur rapportés à Rome, — sur quoi l'on fit tomber rex[)lication de l'oracle, — étaient la seule chost' à quoi l'oracle n'avait point pensé ' ! »
Les caprices du soit auiènenl de temps à autre des rapprochements fortuits, (|ui ue peuvent mancpier de |)r()(luir(' leur- ed'et sui' des natures un peu frustes.
Glovis envoyait ([uebju un observer ce qui se chanterait dans l'église Saint-Martin, de Tours, en y entrant, lors(|u'il Noiilait régler (|uelque grande entreprise.
Mérovée, (|ui donna son nom aux lois de la première i-ace, passait li-ois jours et trois nuits dans le jeûne, les \eilles et les prières, au tombeau (le l'apôtre des Gaules; puis il ouvrait, les yeux fermés, le Livre des Rois, [)our savoir si la morl de son père était proche, et s'il régnerait après lui.
Grégoire de Tours conte, de son côté, que Chramne, s'étant révolté contre son j)ère Clotaire, voulut consulter les Saints, dans la cathédrale de