AftrihnUon douteuse. Cf. iEclair, du 22 janvier
Heriiai'd Monlfaucon, fureiil liaiisfoi(^s daiisTéi^lise Saint-Geniiain-des-Piés et déposés tlans la chapelle Saint-François-de-Sales, où un tombeau en pierre, à trois compartiments, avait été pratiqué; ce tombeau était surmonté de « trois tables de marbre, séparées et encadrées par des colonnes aussi de marbre, et portant chacune l'inscription relative à chaqne corps ».
Mais le philosophe n'était pas au bout de ses vicissitudes posthumes. La boite de plomb qui contenait ses cendres s'étant trouvée trop grande pour entrer dans la cavité qui devait la recevoir, on dut l'ouvrir pour en extraire le contenu : on n'y trouva que trois os, une plaque de plomb sur laquelle était gravée une inscription rappelant l'année de l'exhumation en Suède, et une médaille de cuivre à l'effigie de la République; le tout, ayant été placé dans une bière fabriquée pour la circonstance, le tombeau fut fermé et scellé.
On n'avait trouvé, avons-nous dit, que trois os de l'infortuné Descartes ; qu'avait-on fait du reste du corps ?
Lorsque la basilique de Sainte-Geneviève avait été fermée au culte, conformément à une loi de l'Assemblée législative, le chevalier Lenoir, qui s'était mis en tète de retrouver les débris des personnages illustres, pour leur rendre une sépulture
LES VAGAIJONDAGK.S D UN CKANt: SI 7
convenable, avaitfaitpratiquer des fouilles à Sainte- Geneviève. Il fit creuser « auprès du pilier, à droite en enliant, où était attaché le médaillon en terre cuite et les iuscriptions gravées sur marbre blanc, qui formait le mausolée de Descartes ». A très peu de profondeur, on trouva les restes d'un cercueil de bois pourri et quelques ossements très frustres {sic) et en très petite quantité, à savoir : une portion d'un tibia et d'un fémur, et des fragments A\\v\. radius et d'uu cubitus. Ces fragments « étaient uni(jues et isolés des autres parties du squelette, qui mancjuaient ». On avait découvert, en même temps, « une très petite partie d'un os plat, d'un tissu serré », ressemblant assez au frontal. Cette partie était si peu spongieuse, (|ue le chevalier en fit faire plusieurs bagues, qu'il offrit à « des amis de la bonne philosophie ».
Mais était-ce bien le crâne, ou un reli([uat de celui-ci, que Lenoir avait eu entre les mains ? Ce dernier exprima ses doutes à Cuvier, (|ui l'avait consulté là-dessus. D'ailleurs, on avait produit, d'autre part, un crâne attribué au philosophe, et sur l'authenticité duquel nous devons nous expliquer.
Le 6 avril 1821, Berzélius mandait à Cuvier, ([u il était en possession de la relique macabre. Ayant
appris que l'on venait de vendre à l'encan, pour la somme de 37 francs, le crâne de Descartes, il avait obtenu de l'acquéreur que l'objet lui fût cédé pour le même prix.
Quelle preuve avait-on de l'authenticité dudit objet? Berzélius convenait qu'il était impossible de déterminer avec certitude que le crâne fût, en effet, celui de Descartes. Cependant, ajoutait-il, « les probabilités en faveur de cette idée sont très grandes, puisque la plupartdes possesseurs y ont signé leurs noms, de manière ([u'on peut tracer la succession de l'un à l'autre.
« Sur le milieu de Vos /rontis, on trouve un nom, presque effacé par le temps, dont on peut déchiffrer /. S'\ Planstroni, sous lequel l'écriture est efîacée ; mais on y distingue le n\o\. tagen, qui veut dire pris, et les nombres 1666. Par une main plus moderne, il y a là-dessous ce qui suit, en traduction : Le crâne de Descaiies, pris par I. S". Planstroni Van 1666, lorsqu'on devait renvoyer le corps en France...
On ne trouve pas qui en fut le possesseur après Planstrom, mais on voit que, 85 ans plus tard, ce crâne se trouvait dans la possession d'un célèbre écrivain suédois, Anders Anton von Stjerumann, qui y a mis son nom, avec l'année 1751. Après lui, Olaus Celsius le fils (évèquede Lund),en a été le possesseur; et, après lui, le crâne a passé entre les