GUILLAUME III, ROI DE LA ORANDE-BRETAGNE
LES CAPRU'.ES UE I..\ CAMARDE 'ÎSI
un chien commettant un crime, bien pardonnable au surplus, puisqu'une affection exagérée en fut la cause indirecte. C'est Mnre de Janzé, dans un volume de souvenirs intimes sur Berryer, qui va nous rapporter comment mourut la femme de l'illustre avocat.
Mme Berryer avait un chien qu'elle adorait; elle lui était tellement attachée, qu'elle le faisait coucher sur son lit. Or, un jour, étant malade à Angerville, Mme Berryer s'était fait saigner, un après-midi, pour une indisposition légère et s'était couchée après la saignée, bien qu'il y eût alors au château nombreuse compagnie. Le petit chien, en caressant sa maîtresse, pendant qu'elle dormait, défit le bandage de la saignée.
Au bout d'un certain temps, Mme Berryer se réveille avec un malaise inexprimable. Elle se voit baignée dans son sang, prend peur et, malgré sa faiblesse, jetant sur elle un peignoir, se traîne jusqu'à la salle à manger, où on achevait de dîner.
L'apparition de ce fantôme, aux vêtements blancs tachés de sang, causa un saisissement général. Avant qu'on pût courir à elle, Mme Berryer, épuisée par le sang qu'elle avait perdu, s'affaissa sur elle-même. On la transporta sur son lit où, quelques heures après, elle expirait.
Berryer succomba également à la suite d'un accident d'apparence futile.
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H etail allé au Jardin (raccliniatation, pour aclieler des oiseaux. En sortant, le pied lui manqua, il glissa, et la chute ({ui s on suivit occasionna une lésion interne, ffu'il ne soigna pas et qui finit par l'emporter.
Nous ne chercherons pas à dénombrer toutes les morts imputables aux animaux; nous ne rappellerons que les cas hisloriques.
L'aspic de Cléopatre est trop couiui pour (jue nous nous mettions en peine d'ajouter à sa notoriété posthume. La taupe de Guillaume lll, l'aïeul de l'oncle Edouard, l'oncle de l'Europe, et do son impérial neveu Guillaume II d'Allemagne, a droit à une juste réhabilitation.
Un matin, Guillaume se promenait à cheval dans les jardins de Kensington, lorsque la bête, ayant mis le pied dans une taupinière, désarçonna son cavalier; s'étant démis la clavicule en tombant, le prince ne put se résoudre à prendre le repos qu'exigeait sa blessure et, peu de jours après cet accident, il mourait, lo IV) mars 1702, âgé de 52 ans.
Les jacobites — c'est-à-dire les partisans de Jacques II — reconnaissants envers la taupe qui les avait débarrassés de « l'usurpateur, » prirent, à partir de ce jour, l'habitude de porter un toast, dans toutes leuis réunions, « au petit gentleman noir». La j'ormule, si pittoresquement caractéris-
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tique de l'humour britannique, se conserva pendant plusieurs générations. Aujourd'hui, pourtant, ce n'est plus la taupe que l'on célèbre, c'est (ruillaume III ({ue l'on statufie. La justice n'est pas de ce monde.
Les chutes de cheval ont causé la mort d'un grand nombre de personnages de l'histoire, à commencer par celle, peut-être la plus ancienne en date, du fils aîné du roi de France, Louis VI.
« Dans ce temps-là ', conte naïvement Suger, arriva un malheur étrange et jusqu'alors inouï dans le royaume de France. Le fils aîné du roi Louis VI, Philippe, enfant dans la fleur de l'âge et d'une grande douceur, l'espoir des bons et la terreur des méchants, se promenait un jour à clieval dans un faubourg de la cité de Paris. Un détestable porc s'élance dans le chemin du coursier, celui-ci tombe rudement, jette et écrase contre une pierre le noble enfant f|ui le montait, et l'étouffé sous le poids de son corps... Les habitants, de la ville, consternés de douleur, s'em- |)ressent de relever le tendreenfant presque mort, et le transportent dans la maison voisine. O douleur! à l'entrée de la nuit, il rendit l'âme '. »