‹ Légendes et curiosités de l'histoire (volume 2)Chapitre 86 sur 113 · Curiosités historiques, 342 (Edit. Delahays · texte numérisé non relu

Curiosités historiques, 342 (Edit. Delahays

■.vas LEGENDES ET CURIOSITES DE L HISTOIRE

nature, ft que nous recherchions les morts imputables aux plantes, nous mentionnerons au passage, et sous l)énétice d'inventaire, la mort du pape Clément XIV, empoisonné par une pastèque; celle de Gabrielle d'Estrée, par une orange tsous toutes réserves).

Le célèbre peintre de fleurs, Redouté, fut la victime de ses habituels modèles. Jules Janin a conté l'histoire de ses derniers moments. C'est un j)etit drame.

Le matin. Redouté avait fait sa leçon au Jardin des Plantes; en passant, il avait aperçu un beau lis, tout chargé de rosée, et l'avait emporté.

Rentré chez lui, il pose la belle fleur dans un vase de porcelaine et il se met à la dessiner avec cette ardeur qu'il apportait à toutes ses œuvres. Cependant, la nuit était venue ; la fleur perdait peu à peu ce nacré transparent qui la rend si brillante. Le lis se penchait sur sa tige languissante, la corolle fatiguée s'entr'ouvraitavec peine, laissant échapper son pollen, désormais inutile.

« Il faut que je me hâte, dit Redouté ; voici déjà que m'échappe mon beau modèle; il sera trop tard demain : la fleur sera flétrie. »

En même temps, il allumait sa lampe ; le lis fut placé sous cette lueur favorable. Redouté continuait son travail. Hélas ! entre le peintre et son modèle, c'était un duel à mort.

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A un moment, ly flour jetait autour (rello> son parfum le plus suave ; le peintre résistait de toutes ses forces. A la fin, il tomba vaincu, s'affaissant sur cette page commencée, empoisonné par les émanations perfides de la fleur candide.

Des quatre éléments de la nature, exception faite de la terre oii nous évoluons, le feu et l'eau sont ceux qui comptent le plus de victimes, en attendant que l'air devienne une voie navigable et que nous recevions sur le chef un dirigeable; ce qui, àtoutprendre,nenous causerapasplus d'agrément que de recevoir un aérolithe, comme l'infortuné mécanicien milanais Settala ', vivant au dixseptième siècle, et qui offre le premier exemple connu d'un homme tué par un de ces débris planétaires.

Le feu est d'autant |j1us redoutable que nous jouons avec lui comme à plaisir, et que notre défiance s'endort avec l'habitude. Devons-nous rappeler, à ce propos, comment succomba le roi de Navarre, Charles le Mauvais ? Gomme il existe deux versions de cette fin, il convient de les exposer, avant de prendre parti.

Écoutons d'abord le moine de Saint- Déni s et

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