‹ Légendes et curiosités de l'histoireChapitre 15 sur 99 · Notamment, d'après Gilbçrt-Ballet, Leçons de la Faculté · texte numérisé non relu

Notamment, d'après Gilbçrt-Ballet, Leçons de la Faculté

Dans l'épisode de la forêt du Mans, il subsiste bien des obscurités, au point de vue de l'interprétation qu'on en doit faire ; mais, en dehors des symptômes d'excitation, qu'on peut rapporter à la manie, les troubles sensoriels, les terreurs, la fugue, la chevauchée furieuse contre des ennemis imaginaires, ^l'inconscience, la fièvre, l'épuisement consécutif allant jusqu'au collapsus, et enfin l'amnésie ultérieure des faits de la crise, représentent les symptômes classiques des accidents cérébraux subaigus qui surviennent au cours des psychoses toxiques à forme confusionnelle, et tels qu'on peut les observer dans l'alcoolisme, l'insolation, le surmenage, etc.

Il y a donc bien, ainsi que l'a distingué Dupré, mais G. Contenau l'avait entrevu avant lui, une sorte de superposition, d'enchevêtrement désignes communs aux deux variétés morbides : confusion mentale et manie périodique.

Cette association clinique d'éléments maniaques et confusionnels s'expliquerait, d'après le premier de ces auteurs, par la prédisposition à la manie que démontre la biographie du roi.

Faut-il rappeler une fois de plus que la mère de Charles VI était folle et qu'elle était elle-même petite-tille d'un grand-père apoplectique et arrièrepetite-fille d'un fou ; que le père était goutteux, cardiaque, fils, petit-fils, arrière-petit-fils et neveu

de goutteux et d'arthritiques; que ce roi avait donc une liguée maternelle franchement vésanique et une ascendance paternelle arthritique?

D'autre part, la confusion mentale se justifie par des conditions accidentelles d'auto et d'hétérointoxieation, dont il est difficile de préciser l'importance et la nature, mais qu'on peut, selon toute vraisemblance, rapporter à la fatigue, la chaleur et L'insolation; et peut-être aussi, insinue Du pré, à l'appoint éthylique: il est .probable, nous nous contenterons de dire il est possible que, par ce jour de grande chaleur, le roi ait, sous l'influence de l'excitation maniaque, commis quelque excès de boisson.

Cette excitation maniaque, elle s'est manifestée en d'autres circonstances que nous avons relatées; elle a été suivie de dépression, d'abattement, d'inertie motrice el physique, dont on n'a peul-être pas tenu un compte suffisant et qui participeraient de l'état mélancolique, à s'en rapporter, notamment, à l'attaque survenue en 1405.

Au résumé, et nous sommes en cela tout à fait d'accord avec Dupré, il s'agit, dans le cas de Cli«irl«'> VI, d'un de ces états mi. ries, si bien décrits par Kxœpelin en Allemagne et dont, en France, Deny et Camus * nous ont donné la claire

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