Gilles de Rais, par l'abbé Eugène Boyard, Paris, lfc
L'histoire, a-t-on dit *, doit avoir ses huis-clos, comme la justice ; mais si les convenances générales nous imposent des réserves légitimes, la science revendique ses droits, ses besoins non moins légitimes. Elle seule, à la condition de couvrir d'un voile, discret et nécessaire, toutes les nudités, jouit du privilège de tout faire entendre, dans la langue qui lui est propre, pourvu qu'elle ne s'écarte pas du but, son unique objectif : la recherche de la vérité.
Devant Ténor-mité du forfait, l'historien interroge, l'homme de science essaie de répondre. Plus le crime est inexplicable, plus étrange est la perversion, plus le médecin cherche la malformation cérébrale, l'anomalie qui permette de l'expliquer.
Là où certains voient un affreux coupable, un inquiétant criminel, souvent nous découvrons un être chargé de tares morbides, qui réclame notre indulgente pitié.
Sommes-nous en présence d'un de ces êtres,