Mémoire des héritiers, fa 12. r
2. Morf.l. La folie héréditaire [Gûz. hebd.. 1861);Krafft-Ebing,
Psychopalia sexualis; Hugo Moll, Les perversions de l'inslincl génital; Thoinot. Allenlals aux mœurs et perversions du sens génital, etc.
3. Notre ami Marcel Baudouin, qui a étudié particulièrement le cas de G. de Hays ilnlerméd. des Chercheurs et Curieux, LU, 460; Intermédiaire nantais. 28 janv. 1906; :>:2 septembre 1908, 161-
algomane, d'un nécrophile. « Je ne sais, dit-il au cours de son procès ; mais j'ai de moi-même et de ma propre tête, sans conseil d'autrui, pris ces imaginations d'agir ainsi, seulement par plaisance et délectation; de fait, j'y trouvais incomparable jouissance... »
C'est dans la souffrance d'autrui que le sadique trouve sa volupté. L'apparition relativement tardive de sa perversion classe Gilles de Rays dans le groupe des pervers acquis.
162 ; 26 janvier 1909, 19', nous adressait. naguère, sur la perversion du célèbre maréchal, la consultation qui suit : « Mon opinion médicale sur Gilles de Rays, elle est bien simple : c'était un artiste, et non un Don Juan, quoiqu'il ait porté malheur à toutes les femmes qu'il ait approchées. lia, historiquement, " tué. sous lui », deux fiancées: rendu sa femme très malheureuse : et même porté malheur à Jeanne d'Arc. Mais cène fut pas un « bourreau des cœurs » de l'époque, dans sa jeunesse, pour cela ! Il avait, d'ailleurs, des antécédents familiaux déplorables ; il présentait certains tics delà face (grincement des dents, contractions des muscles faciaux ... Il devint vite, s'il ne l'était pas dès le jeune âge, pédéraste .' C'était le type du dégénéré supérieur, malgré cette pédérastie. — Intelligence supérieure ; sensibilité émotive énorme ; amour extrême de la musique d'Église! — Très bon vivant. Adorait le bruit et la gloire, le théâtre, Joua le rôle d'un Mécène, et s'y ruina.
« On a dit qu'il avait eu la « danse de Saint-Guy ». En tout cas il se montra philosophe lors de son procès. — Pour moi. il faut, le réhabiliter, non à la manière de S. Reinach. mais à la lumière des faits médicaux. Il fut victime non d'une haine politique, mais de son tempérament, de sa nature, de son système nerveux supérieur. »
lui LÉGENDES ET CURIOSITÉS DE L HISTOIRE
C'est d'abord en vue d'opérations magiques, de rifi< es à Satan, qu'il fait immoler de nombreux enfants ; à ce spectacle, il prendra goût, il éprouvera cette sensation volupteuse qu'il cherchera ensuite, en toutes occasions, à renouveler.
Meurtres et démonomanie n'auraient-ils, comme on l'a laissé entendre ', que des rapports de même origine, productions maladives, lilles au même degré d'un cerveau entaché de morbidité ? Cela ne nous paraît pas établi.
Que sait-on de son passé atavique, de ses tares ancestrales ? Autant dire rien ! On en est réduit aux hypothèses, à supposer un hérédo-éthylisme possible, mais nullement démontré.
Durant son enfance, Gilles a-t-il « porté sur lui une main curieuse, puis vite avertie des joies solitaires » ? Lui-même le reconnaît ; mais cette précocité sexuelle prépare-t-elle la perversion future ? Est-ce l'obscur levain d'où sortira la fermentation meurtrière ? Il serait excessif de le prétendre. On trouverait un facteur étiologique de valeur plus appréciable dans ces « boissons affolantes, qui fouettaient la luxure des propos et faisaient piaffer les convives à la fin des repas, dans ce donjon sans châtelaine, en de monstrueux
1. La Psychose de Gilles <le liai/*, sire de Laval, maréchal de France (1404-1440), par Frédéric-Henri Bebnelle (thèse de Paris, L910 .
rêves [ ». C'est qu'en effet, la vie sédentaire, la nourriture animale, les boissons fortes, les épiées ont un contre-coup sur la vie sexuelle, que nul ne songe à contester.
Nous connaissons les causes prédisposantes, nous n'ignorons pas davantage la cause déterminante. Les pernicieuses lectures dont il a été question, ont réveillé la bète en rut qui sommeillait, ont entraîné la volonté chancelante sur la pente où elle s'est laissée glisser. N'est-ce pas un choc le plus souvent insignifiant qui déclanche la névrose latente ?
On a recherché les signes du mal comitial, de l'épilepsie, pour expliquer les férocités impulsives du sire de Rays ; les stigmates psychiques ou physiques, les tics, par exemple, qu'il a pu manifester : on ne les a pas constatés.
Tout ce qu'on relève, c'est qu'il est « un être instable et irrégulier, s'adaptant difficilement aux conditions morales et sociales coutumières - ».
Son orgueil est démesuré. « Convaincu de sa puissance, il ne croit pas à sa chute, aveuglé d'une euphorie mentale incroyable3 ».
Ses caprices impatients ne supportent aucun