‹ Légendes et curiosités de l'histoireChapitre 25 sur 99 · Berxelle, p · texte numérisé non relu

Berxelle, p

2. Par M. Arren, doyen delà Faculté des lettre- de Poitiers, devant laquelle l'abbé Bossard a présenté sa thèse.

3. C'est l'argument donné par M. Guibal. professeur à la Faculté des lettres d'Aix. un des juges de l'abbé Bossard.

accusateur sur l'époque où Rays a pu vivre si longtemps impuni et mourir regretté.

Nous avons répondu à la première objection.

Quant à la tardive intervention de la justice de l'Église, il faut bien reconnaître que l'évêque de Nantes laissa, pendant au moins huit années, Gilles de Rays se livrer impunément à ses pratiques : il ne songe à intervenir activement que le 30 juillet 1440, après que le maréchal a violé les immunités ecclésiastiques dans l'église de Saint- Etienne-de-Mer-Morte; les poursuites paraissent bien avoir coïncidé avec l'attentat sacrilège.

On a évoqué, à propos de Gilles de Rays, le souvenir d«j l'antiquité païenne, accouplant Eleusis à Sodome et N'en as Astarte aux démons de la luxure et de la cruauté, tels qu'on les honorait en plein quinzième siècle.

Les monstres les plus affreux du paganisme, nous en tombons d'accord ', Tibère, Caligula, Néron, sont loin d'atteindre aux raffinements du sire de Laval, à supposer même que l'histoire n'ait pas exagéré la monstruosité de leurs crimes.

Pas plus dans la sainte fin de Gilles de Rays que dans l<'s précédents dont il s'est autorisé,. nous ne

1. Avec M. Hild, professeur de littérature liullelin mensuel de la Faculté des lettres de Poitiers, 1* année, d°1, p. 13 .

songeons à puiser des motifs de réhabilitation l, et moins encore de glorification. Si nous avons trouvé son cas digne d'intérêt, c'est précisément parce que, en raison même de l'énormité de ses crimes, il soulève un problème dont, nous le craignons, pas plus les aliénistes que les historiens ne donneront une solution qui soit unanimement acceptée.

Quelle psychopathie, quelle névrose, libérant en Gilles de Rays pis que la bête ancestrale, causa l'immonde éclosion des viols et des meurtres ? D'importantes données nous manquent pour l'élucider.

Est-ce démence caractérisée, délire systématisé, délire onirique, paranoïa, rien, comme rétablit notre confrère Bernelle, rien dans la vie et les actes du maréchal ne rappelle ces différents types morbides.

De l'épileptique il a quelques traits ; mais pour parfaire le tableau, il manque les éléments indispensables.

A-t-il eu des malformations physiques, des tics et autres stigmates de dégénérescence ?Nous

1. Comme on a essayé de le faire ailleurs. iCf. Gilles de Rays. par Salomon Reinach. membre de l'Institut de France; extrait de la Bévue de l'Université de Bruxelles, décembre 1901; Lièvre. 1904 . Selon M. Reinach. « on devrait élèvera \ante> un monument expiatoire au bon compagnon de Jeanne d'Arc, victime de la cupidité de plusieurs seigneurs •>.

ne sommes à cet égard qu'imparfaitement renseignés. Toutsemble, chez lui, mal orienté, mal réglé.

Selon l'expression de Joffroy et Dupouy l, Gilles de Rays est un de ces êtres instables et irréguliers, s'adaptant difficilement aux conditions morales et sociales coutumières. C'est, selon la conception des mêmes auteurs, ce qu'ils appellent « un inaffectif familial ».

Et à ce sujet, on peut se poser cette question : qu'est devenue sa fille, qu'a-t-il fait de sa femme ?

La fille de G. de Rays se maria, le 14 juin 1442, avec Prigent de Coétivy. nommé amiral par Charles VII en 1439 et frappé mortellement par un boulet anglais, sous les murs de Cherbourg, pendant le siège de 1450. En 1451, Marie de Rays se remariait avec André de Lohéac, maréchal de France. Elle mourut eni457, ne laissant aucun enfant de ses deux unions2.

Quant à sa femme, il Ta Lirait, prétend-on, reléguée dans un de ses châteaux, où elle serait morte obscurément. Nous pouvons apporter quelques éclaircissements sur ce point négligé de la biographie du sire de Rays3.

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