Nouvelles Archives de l'Art français. Paris
2. Benoist demeurait rue des Saints-Pères, non loin de l'hôpital de la Charité, vis-à-vis à la rue Taranne: plus tard, \ 1706, il habita rue Saint-Bcnoist.
L'artiste avait ouvert au public, dans la rue des Saints-Pères, un cabinet de figures de cire. Ce cabinet se composait d'une série de figures en pied, debout ou assises, couvertes de riches parures et de superbes ajustements et reproduisant au vif le Cercle de la Heine, tel qu'il se tenait au Louvre l.
Après la mort d'Anne d'Autriche, le Cercle de Benoist ne fut plus désigné que sous le nom de Cercle de la feue Reine et Benoist lui-même ne fut pas autrement appelé que Benoist du Cercle.
Benoist ne dédaignait pas les petits profits de son métier. Au moment de la foire, il transportait son cabinet de figures de cire rue Saint-Antoine, où le peuple accourait à ce spectacle de haute curiosité. On prétend même que Benoist avait exécuté en coroplastie des figures anatomiquc>:. dont Pinvention est généralement considérée comme bien postérieure à lui.
La date d'exécution du portrait de Louis XIV
1. « Tout.'- l.-s personnes principales qui composent le cercle de la Cour, en la manière qu'il -e tient au Louvre, relate la Gazette, <-ii 1669, son! représentées en cire et vêtues avec tout L'éclat qu'elles y font paraître. »
i'. Y. la notice de Du tilleul sur Antoine Benoît Tpremier sculpteur en cire du roi Louis XIV. (.!. sur le même .-titiste, outre 1 euillet 'L- Coucher, précité, t. II, 1<> Journal de voyage du cavalier fïernin en France, par M. de Chantelou, édit. Lalanne; Paris. 1885.
semble pouvoir être fixée à 1706. neuf ans avant la mort du monarque, qui témoigna sa satisfaction à l'artiste, en lui conférant la noblesse.
Benoist a reproduit jusqu'à onze fois, tant en cire qu'en peinture, les traits du Roi ; cinq fois. le grand Dauphin; plusieurs fois, les petits-fils de Louis XIV. le duc de Bourgogne, le roi d'Espagne et le duc de Berry; sans compter les portraits des deux reines. Anne d'Autriche et Marie-Thérèse, et de maints personnages de la Cour et des Cours étrangères.
« Par une bonté particulière », le Roi avait bien voulu accorder à Benoist tout le temps qui avait été nécessaire et c'est pourquoi, comme s'exprimait un journal de l'époque l, « on y voit dans la cire de Benoist un air vif et naturel auquel il ne manque que le mouvement, pour faire croire que c'est quelque chose de plus qu'un portrait ».
En plus de ses œuvres de- cire, Benoist avait exécuté des modèles en terre et peint des miniatures : le Cabinet des médailles, delà Bibliothèque nationale, en possède une vingtaine, en grisaille, sur vélin, qui portent la signature A. Benoist et paraissent avoir été exécutées en 1704. Elles nous montrent Louis XIV aux différents à^es. mais ce n'est qu'un profil amenuisé par un pinceau eour-