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DESSIN A LA SANGUINE

c la cire, conservée au Musée de Versailles.

Quant aux vapeurs et aux vertiges, qui occupent une si large place dans le dossier pathologique de Louis XI Y, ils avaient fait leur apparition dès 1662. L'étiologie de ces derniers est assez malaisée à établir.

La première fois que l'auguste patient les éprouve, il est au plus fort de ses amours avec Mlle de la Vallière. Il se dépense, on le peut dire, de toutes lesfaçons et donne libre cours à toutes les exubérances d'une jeunesse que rien ne contraint.

La chasse !, les plaisirs, il mène tout de front. Cette « pesanteur de tête, ces mouvements confus, vertige et faiblesse de tous les membres » déroutent la science à courte haleine des archiatres.

1. « Il aimait fort l'air et les exercices, tant qu'il en put faire, nous dit Saint-Simon. Il avait excellé à la danse, au mail, à la paume... Il aimait fort aussi à courre le cerf, mais en calèche, depuis qu'il s'était cassé le bras en courant à Fontainebleau, aussitôt après la mort de la Reine. » Étant dans sa chaise à la chasse (en 1686), narre Bussy-Rabutin, le Roi s'étant « écorché au derrière.., les chirurgiens ayant vu une eau rousse qui sortait de la plaie, y fourrèrent la sonde un bon pouce avant et dirent qu'il falloit faire une ouverture. Le roi qui les entendit dit que si cela étoit nécessaire, il falloit que ce fut tout à l'heure, parce qu'il seroit inquiet la nuit. En même temps, on lui mit une pierre de cautère. Monseigneur et Monsieur étoient dans la chambre dont ils sortirent assez tristes. Le Roi ne laissa pas de souper devant les courtisans et dit qu'il venoit d'avoir seize coups de lancette. Félix dit qu'après cette petite opération, il répondoit du mal et qu'il en voyoit le fond. »

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Purgations et saignées étant restées sans efTet, on les réitère sans plus de succès. Opiats et conserves, tablettes ou spécifiques, et tous autres remèdes o qui ont la vertu de désopiler les parties nourricières et de fortifier l'estomac >\ne réussissent pas davantage. Alors on recourt aux bouillons de pimprenelle et... aux bains de rivière. C'était d'une audace qui approchait de la témérité. Tout cela finit, a la longue, par produire quelque soulagement, surtout quand le roi consentit à renoncer aux exercices violents, aux excès de travail l et d'autre nature.

Mais Vallot convient lui-même que « le soulagement n'est point parfait ni de longue durée ». Les « tournements de tète » et les « mouvements vertigineux » ne tardent pas à reparaître.

Le jeu de paume réussit mieux au roi, et principalement les bains : notons, à ce propos, que « le roi ne s'est jamais voulu accoutumer aux bains de la chambre qu'en cette seule occasion'-». Il est donc faux de prétendre que Louis X1Y ne se soit jamais baigné ; la vérité est qu'en dehors

1. Dan- un âge peu avancé,, à 2:*an>. il montrait déjà, au dire d'un témoin étranger Spanheim), une grande application aux affaires. Dans la journée du Roi, qu'il décrit par le menu. Saint- Simon montre également ïa part énorme réservée par Louis XIV aux affaires de l'État.

Journal de la >'-

des cas de nécessité, il a rarement trempé son corps dans Feau; mais, quand le bain lui était prescrit, il n'y demeurait pas moins de deux heures le matin et autant les après-diners.

Fut-il débarrassé, par ce moyen, de la « tyrannie de ses vertiges ? » Jusqu'en 1668, il parait bien n'avoir éprouvé « aucun ressentiment des vapeurs » qui lui ont causé tant d'inquiétudes. Mais l'accalmie ne devait être que passagère.

Cet « étourdissement de tête », accompagné de quelques défaillances et syncopes stomachiques », ce que ses médecins appellent ses « vapeurs vertigineuses », était-ce, comme d'aucuns l'ont pensé, du vertige épileptique ? Rien n'y ressemble moins. Que le patient revienne à un meilleur régime de vivre, qu'il se ménage sur le boire et le manger, le manger surtout, et tout rentre dans Tordre.

La vie de Versailles 1 ramène les plaisirs et les indigestions, et, du même coup, reparaissent les bâillements, les nonchalances, les pesanteurs de tout le corps, les angoisses d'estomac, les tournoiements, les sommeils agités et des cauche-

1. Au retour de sa conquête de Franche-Comté, le roi avait donné à toute sa cour, à Versailles, une série de fêtes, qui durèrent depuis le mois de juillet jusqu'au mois de septembre (1674). Les repas et les collations jouaient un très grand rôle dans ces fêtes et expliquent assez bien l'état de santé de Louis XIV à cette date (Note de Le Roi).

198 LEGENDES ET CURIOSITÉS DE l'hISTOTRE

mars « à faire mal à la gorge, à force de crier1 ».

Au début de l'année 1<>75, le' « septième du m<»i< de janvier », il se répandait que le roi avait été attaque d'une vapeur plus violente qu'à l'ordinaire, accompagnée d'un frisson par tout le corps et d'une grande faiblesse dans les cuisses. Un sommeil réparateurvint à bout de la crise; mais celle-ci devait se renouveler à de courts intervalles et le premier médecin ne laissait pas d'être inquiet de cette persistance d'un symptôme dont lui échappait la cause.

Le « petit d'Aquin », que la faveur autant que le mérite, suivant l'expression de Mme de Sévigné, avait élevé à ce poste si envié darchiatre, avait fait saigner, chuchotait-on, son auguste client contre sa volonté. Le roi connaissait l'ignorance de son médecin; mais Mme de Montespan protégeait ce dernier, le supportait, parce qu'il se vantait d'avoir un remède secret pour calmer les maux de K'te. dont la favorite souffrait souvent, « remède d'ailleurs imaginaire, car il ne procurait à cette dame que peu de soulage nient "2 ».

D'Aquin ne se flattait pas moins, qu^tnd il prétendait^ grâce à sa médication, avoir fait dispa-

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