‹ Légendes et curiosités de l'histoireChapitre 45 sur 99 · E SA FAMILLE · texte numérisé non relu

E SA FAMILLE

*e, de Londres.)

Le Dauphin.

raître les vapeurs du Roi. Pure forfanterie, car l'aveu lui échappait peu après que le Roi s'était trouvé « moins travaillé de ses vapeurs qu'il n'avait été depuis plusieurs années, pour ne pas dire qu'il en fut entièrement guéri ». Il en était si peu guéri qu'en 1685, il se réveillait, un matin « avec un grand étourdissement et vertige tel que, tout couché, le lit lui paraissait tourner ».

En réalité, dès qu'il revient à ses habitudes, quand aucun frein ne le contient et qu'il se livre à son appétit désordonné, les troubles digestifs, et les vapeurs qui en sont la conséquence, reparaissent tout aussitôt.

Comment les médecins qui journellement l'observent n'ont-ils pas vu cette corrélation ? Gomment d'Aquin, qui met en garde, à plusieurs reprises, le Roi contre sa « voracité naturelle »,a-t-il pu attribuer ces phénomènes aux <•■ agitations d'esprit que lesmouvements du cœur et de l& gloire excitent souvent dans la vie ? » Pourquoi Yallot, qui ne fut pas mieux inspiré, les a-t-il rattachés aux fatigues de la guerre, alors que — plusieurs passages du Journal en témoignent, — jamais le Roi ne se porta mieux, ne se montra plus vigoureux qu'au cours d'une expédition ?

Fagon, lui-même, n'incrimine-t-il pas « l'acide de l'humeur mélancolique ! » Et que proposait -il pour y remédier ? Du vin de Bourgogne, pour

remplacer le vin de Champagne, « qui s'aigrit très aisément, parce qu'il a plus de tartre et moins

N'avaient-ils Jonc pas vu, tous ces médecins de Molière, que les purgatifs dissipaient ces prétendues vapeurs et qu'avec les excitants, elles revenaient avec plus d'intensité ? N'avaient-ils pas remarque que les saignées les augmentaient, de même que le thé ou le café, un instant essayés ?

La surcharge de l'estomac, voilà, incontestablement, quel était l'ennemi a combattre et le vertige, chez le Roi, ne reconnaissait pas d'autre eau-'1: vèriigo a sfomacho lœso.

On a émis l'hypothèse, et tant s'en faut que nous la trouvions déraisonnable, que le vertige goutteux pouvait bien, chez Louis XIV, avoir a fait iété avec le vertige stomacal. Opinion d'autant plus défendable, que le Roi a manifestement offert les symptômes de la goutte, alternant avec du rhumatisme et de la gravelle, ces parents proches, dont plusieurs accès ' ont nettement établi l'identité.

Le roi a été également sujet aux bronchites, le atarrhe » de nos pères, avec englùment de

1. V. le Journal de la Sanlé du Roi, notamment aux années 1075, 1678, 1682, 1683, 1586, 1689, 1690, 1691, 1692, 1 193, etc. Cf. Piton, Marly-U-Roi, son histoire, aux pp. l J l . l1 7 " ::

FlG. 17 — PORTRAIT IiL LOUIS AIV. JEUNE.

(D'après Un dessin de Ch. Lebrun : Musée du Louvre.)

LES VAPEURS DU ROI-SOLEIL 2'i?

mucosités ou pituite colleuse », clans le nez et dans la gorge: encore un signe de tempérament arthritique.

Entre temps, et à la traverse d'affections qu'on peut dire constitutives, sont survenues d'autres maladies qui les compliquaient et les aggravaient.

C'est la sinusite maxillaire, en 1685 ; c'est la fistaie, quinécessita la « grande opération », un an plus tard * ; peu après, ce furent les fièvres palustres, dont le roi a été si longtemps atteint et qui ont l'ait la désolation de ses médecins.

C'est l'époque où Louis XIV faisait exécuter les travaux d'embellissement des jardins de Versailles et de Marlv; des terres marécageuses étaient remuées sur de très larges surfaces et des miasmes paludéens s'en échappaient constamment. Le roi présidait à ces travaux ; il allait, presque tous les jours, les visiter et respirait sans cesse, lui et ses courtisans, celte atmosphère délétère, cause de fièvres intermittentes si rebelles2 : malgré le quinquina, récemment découvert, le roi a tremblé de fièvre pendant près de quinze ans!...

Du réquisitoire qu'a dressé Saint-Simon, où il

1. Nous devons, en outre, signaler une poussée de furoncles et d'anthrax, en 1697, dont parle Dionis. dans son Cours de Chirurgie {p. 828), de fréquents maux de dents, etc.

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