Armée el Marine, 5 janvier
3. En 1866, à propos dr l'érection de la statue du Failli à Saint-
tissu d'invraisemblances et d'absurdités », par les arguments suivants.
« On a parlé, dit l'éminent professeur, de neveux du prince de Mirepoix : quels sont ces neveux ? On ne connaît pas un officier de l'escadre de Suffren qui ait eu cette parenté, et Dieu sait si les dossiers du temps se font faute de mentionner les relations de famille des officiers avec les gens en vue.
Le duel aurait eu lieu en 1788 ?Mais il n'y avait plus à cette date un seul officier détenu pour n'avoir pas fait son devoir dans l'escadre du Bailli.»
Tropez, son anrière-petit-neveu, M. Louis de Villeperdrix, protesta, par une lettre adressée au journal l'Événement, contre la version delà mort de Suffren, à la suite d'un duel. D'après lui, celle-ci était imputable, comme il est bien définitivement prouvé aujourd'hui, à une saignée intempestive. C'est également l'avis d'autres membres de la famille : M. le marquis des Isnard-Suze, parent du Bailly au même degré que M. de Villeperdrix, qui tenait le fait de son propre grand-père; Madame la comtesse de la Belinaye, à qui sa mère l'avait conté de la même manière. Tous ces témoignages ont été recueillis par M. le comte Edgard de Balincourt. qui les a rapportés dans l'opuscule précité. Consignons ici, à titre de simple anecdote, une curieuse particularité: Mlle Lenormand, la célèbre devineresse, aurait prédit au Bailli qu'il mourrait d'une saignée. Ne serait-ce pas une prophétie après coup? Quoi qu'il en soit, il est établi que le Bailli de Suffren est mort de mort violente. Coïncidence à noter et qui n'est pas sans intérêt pour le médecin : le petitneveu et la petite-nièce de Suffren succombèrent à l'apoplexie, le premier, en sortant de table ; la seconde, en traversant la rue.
L'ii2 LEGENDES ET CUKIOSlTES DE L HISTOIRE
Il y a, il est vrai, une autre version *, dont on attribue l'origine au contre-amiral Linois, qui prétendait lui-même la tenir de l'amiral de Iiosamel. « Dans un bal, l'épée de Sufîren avait heurté une dame ; entre le cavalier de celle-ci, qui n'est pas autrement désigné, et le Bailli, il en serait résulté un échange de paroles et le duel'2. Est-ce assez absurde ? »
Où aurait eu lieu le duel ? « Derrière le cavalier Bernin » : ainsi est appelé le groupe en marbrp, du Bernin, qui représente Curtius à cheval se jetant dans le gouffre; il est à Versailles, au bout de la pièce d'eau des Suisses, à quelques toises du château.
Or personne n'aurait rien vu, rien su d'un événement pareil, se passant en plein jour, en un lieu