La Révolu! ion française, loc. cit
2. Caffort, Notes sur les Cimetières de la ville de Paris. Paris, 1889, in -4.
raid : et la dépouille de Mirabeau aurait-elle été, ; u moment de la désaffectation de ce lieu de sépulture, transportée dans le cimetière Montparnasse, ou a l'ossuaire ? Le gouvernement, quel qu'iLfùt, celui de Louis-Philippe, ou celui de Napoléon III, aurait-il toléré pareil scandale ? Il est à présumer que non. bien que « l'invraisemblable se trouve être parfois la réalité ».
Et s'il était vrai que Mme du Saillant ait fait, plus simplement, réinhumer son frère dans le cimetière même de Sainte-Catherine ?
Mais les recherches exécutées en 1849, en 1883 el dans la seconde quinzaine d'août 1890, ces dernières sous la direction de M. Trélat, architecte de la Ville l, sont restées infructueuses.
1. « On creusa, nous dit M. Paul Robiquel, de longues tranchée? dans tous les sens, au préau do I école du boulevard Saint-Marcel. Les ouvriers mirent au jour trois cercueils de pierre, dont un élait vide , et d'innombrables cadavres empilés les uns sur les autres dans la fosse commune, jusqu'à une profondeur de quatre ou cinq mètres. Les corps étaient en pleine putréfaction el formaient une espèce de boue noire et gluante. L'odeur était si infecte, qu'après plusieurs descentes dans ces tranchées nauséabondes, je dus les Interrompre, après avoir pii- là une sorte de Gèvre infectieuse. Je me souviens des piles d'ossements qu'on rangea dans la cour del'école, qui était vide par suite des vacances. J'ai tenu, entre mes mains,''plusieurs crânes p< balles «■! dont l'un avait encore des cheveux
blonds cl un nœud de ruban noir. Mais on ne trouva pas le cercueil de Mirabeau «'t !«■- fouilles fuient interrompues un peu
Alors ? La conclusion ? Elle résulte des faits même que nous venons d'exposer.
Si Ton n'a rien trouvé ni à Argenteuil, ni dans le parc du Marais, ni au Bignon, ni au Saillant, ni dans aucun des cimetières de Paris où Ion pouvait, supposer qu'avaient été inhumés les restes de Mirabeau, il faut bien confesser que, jusqu'à ce jour, on ignore quel a été leur sort.
Faut-il émettre l'hypothèse que le cadavre du tribun se trouve, ainsi que le conjecture M. Gustave Bord, dans le parc d'un propriétaire, ami de Mirabeau, situé aux environs de Paris ? Ce genre d'inhumation était fréquent pendant le Directoire, on obtenait facilement l'autorisation nécessaire, et c'est ainsi, par exemple, que la marquise de Condorcet avait offert gracieusement au vicomte de Belmonte-Pignatelli, d'ensevelir son fils dans le jardin de la maison qu'elle occupait petite rue Verte (rue Matignon, n° 8).
Les ossements que l'on recherche seraient-ils, comme le veut une tradition, assez persistante, toujours à Clamart ? Il semble que les découvertes de M. Coyecque, notamment la mise au
après, à la suite des plaintes du quartier, nui craignait une épidémie de fièvre typhoïde ou de choléra. L'architecte recouvrit ces fosses, emporta les ossements dans les catacombes — je crois — et les recherches furent suspendues. »
jour de la requête de Mme du Saillant, ruinent à jamais cette légende.
La dépouille mortelle de Mirabeau a-t-elle été rejoindre, après son expulsion du Panthéon, kj> ossements de Marat, cet autre dépanihéonisé, dans le grand ossuaire des Catacombes, « où les avaient précédés les débris ignorés de Danton, de Camille Desmoulins, de la princesse de Lamballe ; ou devaient les suivre les restes de Robespierre et de Saint-Just ? [ » C'est l'hypothèse qui, à nos yeux, mérite le plus de créance; mais l'énigme persiste, en regard d'une solution qui n'offre pas une suffisante certitude pour être acceptée sans conteste.
Est-ce à dire qu'elle soit indéchiffrable ? Nous ne le pensons pas: mais le hasard seul, puisque des recherches méthodiquement conduites ont échoué, est seul capable de nous en donner la clef ^;