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comme je vous l’ai dit, en disant
t. qu’elle donnait tout au diable.
S 1 Néanmoins, quand elle fut morte, n celui qui avait enterré le coffre- : fort voulut aller Je chercher:
n Zest ! il n’y était plus. Les clefs e n'ont pu être retrouvées, bien !
qu’il ne coule PaS six pouces d’eau dans le ruisseau de la Pinière, le diable s'était emparé de tout.
Aujourd’hui il y en a qui cherchent le coffre-fort au moyen de la magie, Avec une rod (baguette divinatoire), ils viennent à dé- Couvrir l’endroit où il se trouve, mais quand ils sont pour s’en emparer, le diable le change de place, de sorte que l'ouvrage est toujours à recommencer. Je VOUS assure qu’il n’y a rien de plus véritable au monde,
Ici se termina le récit du Père
Comeau.
Maintenant, cher lecteurs, si VOUS suivez, quelque jour, la rou.
te désolée qui s’avance au-delà des coteaux Sablonneux des Trois Eivières, et qu’il plaise à votre cheval de s'arrêter pour boire au Ruisseau de la Pinière, vous n’oublierez sans doute pas les clefs et
le coffre-fort de feue Melle Poulin. Ne VOUS amusez pas à cher- Cher ces -ic fs SOUS le cristal] du ruisseau, elles Sont introuvables.
Mais avancez dans la Pinière, peut-être le beuglard viendr: -t-jl encore une fois faire entendre ses mémorables ha-ou ! d’autrefois. Arrivés aux Vieilles For.
ges St. Maurice, passez sans crainte, les femmes ne se disputent plus d’une porte à l'autre :' ne manquez pas d’aller saluer les messieurs McDougal, visitez a-
VeC eux le vieux fourneau, et Surtout que vos Cheveux ne se dressent Pas sur votre tête, le £&ros Chat ne vient plus s'appuyer les pattes. sur le courant de fonte qui sort du fourneau, et le Marteau ne bat Jamais seul. Si vous êtes touriste, Continuez votre route jusqu’à St. Boniface :
VOUS trouverez une gracieuse hospitalité c} ez M. Rousseau, qui VOUS fera conduire aux chûtes de Shawinigan. Au bruit de la Cascade Mugissante, au milieu du en face de l’un de ces Châteaux abandonné Surgira tout-à-coup à VOS regards. /ous vous croirez en face de l’un de ces Château dont les grand’'mères parlent dans leurs contes à Ja veillée, il n'y manquera que les véants et les fées d'autrefois. Mais le Spectacle imposant qu'une nature
grandiose et Sauvage présentera vos yeux vous dédommagera de à vos yeux vous dédommagera et Vous vous en retournerez charmé de votre féérique pélérinage sur les bords du St. Maurice.
MEINIER.
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Les Flibustiers :
de Salons
Le
Nous tr'aversons une époque où les bouleversements Sociaux Sont à l’ordre du jour et où les Mauvais instincts de notre pauvre humanité se donnent libre Carrière.
On ne voit partout, en Euro- PE, que travail désorganisateur.
SOUS prétexte d'organisation du travail, Conspirations, grèves, indignation meetings, révolutions, Confiscations et autres sottes actions !.,
La société moderne, fondée sur les assises de 89, ne trouve pas qu'elle a fait une assez large trouée dans les us, coutumes et institutions de l’autre siècle: elle
voudrait achever de percer à Jour ce qui reste du féodalisme, puis promener son niveau égalitaire à la surface de manière à raser les têtes —et surtout les bourses !— qui dépasseraient en hauteur la moyenne démagogique.
Que voulez-vous que j'y fasse ?
Avec la meilleure volonté du monde, je ne pourrais empêcher le volcan de continuer sa lente, mais irrésistible et fatale éruption. Pis que cela, je prends peur; et, dans la crainte que la lave incandescente ne me brûle les talons, je suspends mes jambes à mon cou et, au petit galop, je file de ce côté-ci de l’Atlanti-
Ù que.
C'est plus prudent.
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Mais s’il y a là-bas des socialistes, des démagogues, des com-
munards, des pétroleux, des internationaux, des intransigeants, des frères et amis, des mazziniens, des garibaldiens, des vieux catholiques, des jeunes italiens, des dupeurs et des dupés— ;il existe, en revanche, dans notre heureux pays, et surtout dans notre bonne ville de Québec, une bien épouvatable engeance: les Flibustiers de salons !
Ces Bédouins-là, qui s’enculottent à crédit chez Fuchs ou autres tailleurs de renom, me donnent sur les nerfs depuis trop longtemps, pour que je les laisse jouir davantage de l'impunité.
Aussi, sans même leur crier: gare ! je m'insurge contre eux, je léve l'étendard de la révolte, et, poussant le formidable cri de guerre de mes ancêtres, les Picts, je lance sur eux les brigades ser-
PR Re sang ain. a
rées de mes griefs.
rx
Les gaïllards dont j'ai à vous entretenir ne sont point de ceux que l’on voit, aux jours d'orage où le peuple montre les grosses dents, jouer le rôle de meneurs et payer de leur nom, il faut leur rendre cette justice que jamais, de mémoire de tailleur floué, on ne les a vus risquer leur précieuse peau dans une démonstration comportant quelque danger.
Leur camp d'opération, à eux, n'est pas la place publique, ni la tribune, où peuvent arriver de vertes i6pliques, et encore moins la presse, qui nécessite des capacités réelles.
C’est bel et bien à couvert qu'ils travaillent et déploient cette habileté audacieuse qui, sur Un autre théâtre, valut à leurs
homonymes de l'Ile de la Tortue leur terrifiante renommée, Ce ne Sont point des villes qu’ils convoitent, ni des bâtiments de £uerre qu’ils attaquent. Non:
fi de ces émotions violentes et de ces périlleuses entreprises !
Leur objectif est tout autre.
C'est à la Jeunesse, à l’inexpé-
rience, à l'illusion candide et à l’innoncence naïve qu'ils en veulent—bien sûrs qu'il n’y a Jà que fleurs et parfums, bons baisers et doux propos d'amour à moissonner!
Is n’ont pour armes ni sabres, ni mousquets, ni haches d’abordage, ni tonnantes Couleuviines, — Mais bien une jolie Carfaison de paroles mielleuses, un aSsOrtiment Complet de Compliments clichés, des romances plus ten-