UN PELERINAGE A L'USAGE DES TÉNORS
Qu'on dise encore que les ca^mbourgs sont chose légère, ne laissent pas de trace après eux et sont sans influence sur les destinées humai-; nés ! On commettrait une erreur, car nous pourrions citer telle calembredaine qui a mis le feu; aux poudres entre deux grandes nations, eli telle autre sur laquelle est établi le plus ancien des trônes qui soient debout dans la vieille Eu-? rope. Un calembourg peut bien, à ce compte, donner naissance à une pieuse croyance, à un: salutaire pèlerinage.
Le mot voie désigne un chemin, chacun sait ^ cela, sans qu'il soit nécessaire de remonter à t'1 tymologie, le mol via des Latins, qui a la même signification. A quelque distance de Valmeinier,
en Maurienne, on trouve une chapelle construite au bord du chemin et consacrée à la sainte Vierge sous le vocable de Nolre-Dame-de-la-Voie . Cette chapelle est le but d'un religieux pèlerinage; on y vient pour demander la guérison des maladies du larynx et des organes vocaux. La croyance populaire a fait une Notre-Damede-la- Voix de Notre-Dame-je-la-VW. 11 n'en subsiste pas moins (pie ce pèlerinage n'est pas sans efficacité, et l'on cite de nombreuses guérisons miraculeuses obtenues par les pèlerins. C'est à telle enseigne que le Conservatoire de Paris s'en est ému, et se propose d'y établir un hospice dans lequel ne seraient admis que ses élèves.