LES PETITS POULETS DE BISSY
Bienheureuses les localités dont les noms se trouvent sertis dans les vers de Lamartine ; elles vivront l'éternité I Le nom de Bissy se trouve dans la méditation qui porte le titre d'Adieu, et, si son nom était effacé du dictionnaire des communes, Bissy aurait la consolation d'être inscrit en un livre dans lequel effacer une ligne serait un sacrilège.
Bissy possède un château qui appartient à la famille de Maistre, et qui reçut plusieurs fois la visite du chantre d'Elvire, notamment en 18155 quand l'illustre poète, qui servait dans les gardes-du-corps de Louis XVIII, s'arrêta dans la vallée de Chambéry, en revenant de la Suisse, où il s'était retiré pendant les Cent jours.
Mais ce n'est pas tout : Bissy, d'ancien prieuré,
est devenu une paroisse, et l'église renferme les reliques de saint Valentin. Pendant que ce prieuré obéissait au couvent de Saint-Martinde-iMiseré, les reliques de saint Valentin attiraient de nombreux pèlerins venant chercher des indulgences que le prieur échangeait avec la générosité la mieux entendue. L'offrande qui était le plus favorablement accueillie, dit la tradition, c'étaient les petits poulets. On les déposait sur l'autel et ils disparaissaient aussitôt dans un caveau qui se trouvait au-dessous. Cette dévotion s'est bien refroidie, mais les petits poulets n'en sont pas plus heureux.