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LE CONSCRIT DE L'AN XI

Les Bauges onl acquis une réputation sans rivale... en fait de fromages et de vacherins. Cela suffirait à établir que le peuple qui l'habile a des mœurs pastorales, et, par une conséquence naturelle, que c'est un peuple essentiellement pasteur. 11 n'est donc pas étonnant que les hommes y soient plus robustes qu'ailleurs. Placés dans une région élevée cl n'ayant de communication avec leurs voisins que par des défilés escarpés et difficiles, on pourrait les nommer les Spartiates de l'ancienne Allobrogie. Au lieu de cela, on les appellerait plutôt les Sarrazins de la Savoie. On pense, en effet, que les Sarrazins s'y sont réfugiés en grand nombre après avoir reçu ce fameux coup de marteau qui valut au père le Pepin-le-Bref le surnom de Martel.

Quoi qu'il en soit de l'origine des Baujus, il n'en subsiste pas moins que le contingent qu'il fournit à la conscription militaire est composé d'hommes de la plus haute taille, et qu'il appartient au canton du Châtelard d'avoir fourni le conscrit de Fan XI. C'est ainsi qu'on désignait une recrue de deux mètres trente-cinq millimètres (6 pieds 3 pouces et 2 lignes) qui fit l'étonnement et l'admiration de toute la contrée qu'il eut à parcourir pour se rendre au corps qui lui avait été assigné. Il se nommait Priscaz, Sa famille n'est pas encore éteinte, mais elle ne fourlit plus de géants.

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