LE SIGNAL DE MONTERMINOD
Il en est qui croient qu'il y avait là un château féodal, nous n'y voyons pas d'obstacle. Mais nous penchons à croire que cette construction se réduisait à une ou plusieurs tours. Qu'importe du reste ce que portait jadis le celeau de Monterminod, dès qu'il porte aujourd'hui le vin le plus renommé de la vallée de Chambéry. Avec des titres de cette nature on se passe aisément d'aïeux.
Il nous a plu toutefois de connaître d'où peuvent provenir les ruines auxquelles le pied des vignerons se heurte fréquemment, qu'il s'agisse de labourer la vigne ou de la vendanger, «et nous avons recueilli ce qui suit :
A une lieue à l'est de Chambéry, sur le territoire de la commune de Saint-Alban, vous voyez au-dessus du village appelé le Villaret un plateau qui domine la plaine, planté de vignes cultivées avec autjnt d'art que de soins. C'est là
qu'existaient anciennement les tours de Monterminod, propriété de l'ancienne maison Piochet de Salins. Ces tours étaient destinées à j transmettre dans la vallée de Savoie les signaux ignés qui leur étaient communiqués par la grande tour du château de Chambéry, afin qus tous les feudataires du pays eussent à prendre les armes s'il plaisait à leur suzerain de le leur ordonner. Le fanal de Monterminod étant allumé, l'avis passait au château de Chignin, de Chignin il était envoyé à la tour d'Apremont et ainsi de suite, en passant par les tours de Montmayeur, de Miolans, de Montailleur, de Chevron de Conflans, d'Ayton, des Charbonnières, etc. C'était le télégraphe des comtes et ducs de Savoie* et même des rois de Sardaigne, jusqu'à l'introduction relativement récente des poteaux babillards inventés par les frères Chappe et si promptement remplacés par le tic-tac de l'électricité.
Quoi qu'il en soit, ce qui s'appelait le château de Monterminod a été renversé par un ouragan le 24 septembre 1807.