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LE COUVENT DE SAINT-CLAIR

Le bourg du L\ Rochette occupe le haut de la vallée à laquelle il a donné son nom. Sa position est délicieuse ; la campagne qui l'entoure est d'unegrande fertilité, et tous lesenvironsdecette localité respirent Taisance et le bien -être. Les seigneurs de La Rochette jouèrent un moment un rôle important dans les affaires delà Savoie, etnotammentdansl'acquisition faite par Thomas du château de Chambéry. L'un deux, Guigne, fonda auprès de son manoir le couvent des Carmes qui occupait un vaste espace de terrain sur la rive gauche du Gelon et qui, vendu en 1793, fut ensuite divisé en un grand nombre de petits jardins qui semblent se détacher comme les cases d'un échiquier. Néanmoins, une partie du bâtiment est aujourd'hui affectée au presby-

— altère, et l'ancienne chapelle da couvent est devenue l'église paroissiale sous le vocable de Notre-Dame des Carmes.

Les Carmes de La Rochette ne paraissent pas avoir possédé des richesses considérables ; ils étaient du reste limités dans leur développement par de puissants voisins qui, par leur richesse <et leur activité, se montraient redoutables. Nous voulons parler des moines de Saint-Hugon. En €(Tet, ceux-ci étaient propriétaires du lac de Saint-Clair, lac charmant qui se trouve à l'extrémité supérieure de la vallée et à très petite distance du couvent des Carmes. Les disciples 'de saint Bruno pouvaient ainsi varier leur frugale nourriture et agrémenter leur abstinence des truites du Beins et des anguilles du lac.

Ces religieux possédaient aussi, sous les yeux de ces pauvres Carmes moins heureux, des vignobles magnifiques , au milieu desquels ils avaient établi une chapelle, dont ils touchaient les oblations et une maison confortable, où ils venaient passer agréablement le temps des vendanges. C'est à cette masure qu'on donne*

dans le pays, le nom de couvent de Saint-Clair, quand môme ce ne fut jamais qu'un cellier appartenant au couvent de Saint-Hugon.

Objet d'une prédilection spéciale de la part des vénérables pères, la culture de la vigne fit de rapides progrès dans ces contrées. Ils défrichèrent eux-mêmes ces coteaux dont les plus fameux portent le nom de Côte rouge et de Côte blanche, d'après la couleur du vin qu'ils produisent. C'est grâce aux soins vigilants de ces moines laborieux que l'on voit aujourd'hui ces pampres verts étaler au soleil leurs grappes remplies de si douces promesses. Ils ont disparus, hélas 1 ces bons chartreux, mais tout en ces lieux témoigne de leur remarquable prévoyance. Aussi les amis de la dive bouteille, et il n'en manque pas dans le pays, bénissent-ils sans cesse le souvenir de ces hommes de biea qui, tout en s'occupant des choses du ciel, ne négligeaient point celles de la terre.

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