LE VŒU DU NOTAIRE TRUCHET
Aucune des nombreuses étymologies données de la dénomination du château et delà vallée de FHuille ne nous a paru concluante. Qu'importe? 11 n'en existe pas moins une vallée qui porte ce nom bizarre, et le souvenir d'un château qui acquit une certaine célébrité sous ce nom-là. • La commune de la Table est la plus considérable de ce vallon ; elle est assise sur le méplat d'une montagne à pic qui en occupe le centre. C'est au sommet de cette montagne, qui présente la forme d'une pyramide, que s'élevait le château de l'HuilIe, édifié par les comtes de Savoie, en vue de défendre ce passage important, qui prend à revers la vallée de la Maurienne. Lesdiguières s'en était rendu maître, et Henri IV le prit de nouveau en 1600, date de sa démolition.
Ce château dépendait, au moyen-âge, de la seigneurie de La Chambre. La chronique raconte l'évasion miraculeuse d'un prisonnier qui y était détenu.
En 1498, le notaire Jean-Baptiste Truchet, après avoir été soumis à la question, languissait depuis plus de six mois, chargé de fers, dans un cachot ténébreux. Implorant la protection de saint Jean-Baptiste, son patron, il lui promit un magnifique cierge, si, par l'intercession du bienheureux, il recouvrait sa liberté. Or, voilà que les fers du prisonnier se brisent comme verre, la porte s'ouvre d'elle-même. Le captif, invisible aux yeux des sentinelles, se laisse glisser du donjon et des rochers, à l'aide d'une corde, et le voilà hors de l'enceinte du château. Rendant grâce à Dieu et à saint Jean-Baptiste, il s'empresse d'accomplir son vœu. Il se traîne sur les genoux jusqu'à la ville de Saint -Jeande-Maurienne, dont la cathédrale est sous le vocable de son patron, et qui se trouve à près d'une lieue de distance, et il vient se prosterner au pied de l'autel. Après avoir entendu la messe
et accompli son vœu, il consigne par écrit l'événement miraculeux auquel il devait sa délivrance, et c'esi le résumé de son récit que nous venons de reproduire.