NOTRE-DAME-DES-NEIGES DE PEISEY
Peisey est une commune de la Tarentaise, située sur les bords de l'Isère, et qui a plus d'importance sous terre que dessus. Elle abonde en mines, et ces mines ont été l'objet de l'attention de tous les gouvernements qui ont passé sur la Savoie.
La découverte de ces mines se perd peut-être dans la nuit des temps ; mais leur exploitation ne remonte pas si haut. Elles ne furent réellement exploitées d'une manière sérieuse qu'en 1784 par une compagnie anglaise. Le minerai qu'elles donnent est un plomb argentifère à grains très fins. En 1760, la Compagnie anglaise, à qui ses bénéfices avaient suscité bon nombre d'envieux, se vit évincée de ces mines par un arrêt de la Chambre des comptes de Turin. Une nouvelle compagnie, celle-ci composée uniquement d'indigènes, lui succéda. Elle avait à sa tête M. de la Tour-Cordon, qui finit par
accaparer toutes !es parts des autres sociétaires. En 1793, l'émigration de M. de la Tour-Cordon fit passer toutes ses possessions au domaine de l'Etat, et les mines de Peisey devinren t propriété nationale.
L'Etat, qui, de sa nature, est mauvais entrepreneur, ne s'inquiéta pas des mines de Peisey ; mais Napoléon y songea tout à coup, et, avec la rapidité qu'il mettait dans l'exécution de tous ses plans, il institua à Peisey une école pratique pour les mineurs. Les mines d'abord ne furent exploitées qu'au point de vue de l'école, et les filons, à ce compte-là, en auraient eu pour longtemps avant d'être épuisés.
En 1815, une nouvelle société particulière avait repris l'exploitation de ces mines, quand ses travaux furent suspendus par une inondation considérable qui s'était produite dans les galeries les plus avantageuses.
On peut juger de l'avantage qui résulte pour le pays de l'exploitation de ces mines par ce fait qu'avant leur mise en rapport, les indigènes étaient forcés de s'expatrier pour chercher le
pain que la pauvreté du sol s'obstinait à leur refuser, tandisque depuis que lesous-sol s'est montré plus généreux, on émigré beaucoup pioins, on reste fidèle au sol natal et au culte des traditions. Les habitants dePeisey ont une foi toute particulière en leur Nolre-Dame-des-Neiges. La chapelle de cette Vierge est située à proximité des mines qui s'ouvrent presqu'à la cime de la montagne, et son altitude lui a bien mérité soa nom. Les jeunes gens, filles et garçons, se montrent même envers Notre-Dame plus fervents que les vieillards ou les enfants. Les filles en quête d'un mari, les garçons désirant prendra femme se rendent à l'oratoire eu pèlerinage et vont supplier la mère de Dieu d'exaucer le vœu de leurs cœurs. Gomme on le pense bien, la supplique est toujours favorablement accueillie, et ce serait vraiment dommage qu'il en fût autrement, car la population est très belle. Les garçons sont forts et robustes, les filles jolies et avenantes ; tous ne demandent qu'à croître et à multiplier.