‹ Légendes locales de la Haute-BretagneChapitre 18 sur 69 · LES ENVAHISSEMENTS DE LA MKR · texte numérisé non relu

LES ENVAHISSEMENTS DE LA MKR

leurs exc^s, fit monter la ner plus haul que d*habilude, et la noya avec tous ses habitants.

Dans les deux l^gendes qui suivent, Timpatience d'un pr^tre qui, trouble au moment 0(1 il dit sa raesse, prononce une malediction, sufTit pour provoquer un ^pouvantable cataclysme, dans leqitel il est lui-m^me envelopp6.

11 y avait autrefois sur nos cOtes une immense for^t remplie d'oiseaux, et au milieu, k fendroit meme oil s'eleve le village de la Chapelle de Sainl- Briae, une chapelle 0(1 un vieil ermite c^l^brait tous les jours roRice. Un matin, au printemps, les oiseaux chantaient tous h la fois, et faisaient un tel vacarme, que le pr^tre assourdi. s'impatienta au milieu de la messe, et s*oublia jusqu*^ interrompre ses oraisons pour maudire les oiseaux et la for^t 0(1 ils abritaient leurs nids. Aussit6til s'eleva un furieux vent du large ; la mer montait, et c'6tait jour de grande mar^e : les vagues s'elancerent k travers la for^t, renversant les arbres, la chapelle et jusqu*au vieil ermite. Quand la mer se retira, il n'y avait plus que les mielles que Ton voit aujourd'hui.

Sur Tautre rive de la Ranee, on raconte k propos de la mare de saint Coulman une l^gende beaucoup plus longue, 0(1 se retrouve T^pisode de la malediction. Void la version qu'en donne Madame de Cerny :

Saint Coulman fsaint Colomban) fameux ermite breton, quitta son pays et vint s etablir dans une paftie de la for^t de Scicy, que Ton appelait Clairiere de Coquenaille ; il y batit un oratoire, el il y v^cut de longues ann^es, v6nere de tons eeux qui venaient le visiter.

Lorsque le saint ne ful plus de ce monde, la foule des visiteurs qui ne discontinuait pas sur son tombeau, et quelques p^lerins ayant obtenu, par son intercession, de grandes graces, r6solurent de ne plus quitter le pays afin de le visiter de nouveau ; ilyabattirentdes arbres, ils se conslruisirent des cabanes aupres de I'ermitage, et petit k petit il s'^leva un grand village au milieu de la for^t. Cette nouvelle population obtint de I'ev^que un pr6tre et fit b^tir une eglise sur le tombeau m^me du saint qui en devint le patron. Les habitants vivaient paisiblement, lorsque Satan, jaloux de leur bonheur, obtint de Dieu la permission de les troubler dans leur repos, et ayant r^flechi au moyen qu'il emploierait pour les tourmenter, il leur envoya des corbeaux.

Ces oiseaux arrivferent done par milliers et prirent possession des arbres qui entouraient la chapelle ; ces h6tes incommod^.rent tellement les habitants du hameau qu'ils chercherent tous les moyens de les detruire, mais inutilement. lis peuplferent tant, que les hommes, etourdis par leur

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