‹ Légendes locales de la Haute-BretagneChapitre 19 sur 69 · LES ENVAHISSEMENTS DE LA MER · texte numérisé non relu

LES ENVAHISSEMENTS DE LA MER

croassements, ne s*entendirent plus, et les jours de f^te, redoublant leur infernal vacarme, ils emp6cherent la parole de Dieu de sanctifier le coeur des fidMes.

Le pr^tre, trouble dans Texercice de ses fonciions sacerdotales, commit k la garde du saint lieu des hommes ayant mission d'en Eloigner les corbeaux. II arriva qu'un jour de grande f^te, ces gardiens 6tourdis^ fatigues, s'endormirent ^ leurs postes. Les corbeaux profit^rent de cette liberie inusil6e;redoublanlleurscrisimportuns,ilsvinrent se percher sur T^glise et les arbres qui Tenvironnaient. Le pretre, etourdi par ce triste ramage, oublia en elevant la sainte hostie de prononcer les paroles sacraraentelles, et dit k haute et intelligible voix, emporte par un mouvement de mauvaise humeur : « Que maudits soient ^jamais les corbeaux ! >) A Tinstant meme, il s'eleva une grande temp^te, un vent terrible soufla dans les branches des arbres, la charpente de Teglise craqua^ le clocher s'^croula, et pretre, autel, eglise, village, habitants, for^t, tout disparut sous les flots qui envahirent cette immense solitude dont on retrouve chaque jour des traces sous-marines.

Paul Sebillot. Legendes de la mer, t. I, p. 234, 306, 301 ; Traditions et superstitions, t. I, p, 364. Revue des traditions populaires, t. VII, p. 213. E. Herpin, La cathe-

drafe de Saint-Malo, p. 59. Paul Sebillot. Legendes de la mer, t. I, p. 300. Le roman d'Aquin, v. 771. Revue des traditions populaires, t. XII, p. 219. Paul S^.billot. Gargantuay p. 70. Habasque, Notions historiqueSj t. Ill, p, 110. Paul Sebillot. Traditions^ t. I, p. 353. Elvire DE Cerny, S^'Suliac, p. 63.

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Les rades et les dchancrures

ux environs de Paimboeuf, on raconte que Gargantua ayant un pied sur le clocher de Cordemais, Tautre sur celui de Frossay, qui sont separ^s par la Loire, eut envie d'uriner, et que c'est ainsi qu'il forma la rade de Paimboeuf, dite aussi la Goule de mer.

Quant k la plaine de Mordr6 ou de Mordreu, sorte de vaste lac qui se trouve dans la Ranee maritime, voici son origine : un jour que la nourrice de Tenfant de Gargantua, qui devorait, comme Saturne, tons ceux qui lui naissaient, lui presentait un gros caillou au lieu d'un poupon, Gargantua se brisa une dent en Tavalant. S'apercevant de la supercherie, il entre dans une grande colfere contre la nourrice, k laquelle il veutdonner un coup de pied, la nourrice s'esquive ; le pied porte h faux et enfonce dans la mer tout le terrain cultive.

Paul Sebillot, Gargantua, p. 16. Elvire de Gerny, S^'SuliaCf p. 75.

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Les Gaps et les Falaises

A pointe du D^coll^, pr^s Saint-Lunaire et celle de la Garde en Saint-Cast ne sont autre chose qne des cailloux que vomit Gargantua, ecoeure par I'odeur de raie pourrie des bateaux Jaguens qui passaient entre ses jambes.

A Saint-Cast on disait que les fees, lorsqu*elles 6taient irritees les unes contre les autres, se battaient a la pointe de I'lsle en se servant, en guise de fouet, des grands fucus, et on menagait jadis les enfants mechants de les y conduire pour etre fouettes par les f^es.

Quelques-unes desparticularites des falaises sont Tobjet d'explieations legendaires : dans celles de Lancieux une trainee' rouge^tre sur un rocher est la marque du sang de saint Cieux qui y fut martyrise.

Les falaises monumentales du cap Frehel, dont les assises de gres rouge, s^uvent disposees avec une sorte de regularite, eveillent Tid^e de

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