‹ Légendes locales de la Haute-BretagneChapitre 21 sur 69 · LES FJ^ES DES HOULES · texte numérisé non relu

LES FJ^ES DES HOULES

pas expos^es aux maladies ordinaires : toutefois qnand elles 6taient en mal d'enfant, elles avaient recoups aux bons offices des sages-femmes du Yoisinage. Elles 6taient immortelles jusqu'au jour oCi on leur mettait du sel dans la bouche ; celles qui se faisaient baptiser devenaient sujettes k la maladie et k la mort, parce que dans lac^r^monie du bapteme le sel avait louche leurs l^vres. Une plus grande quanlite de sel pouvait lesfaire p6rir aussit6t ; d'apr^s deux contes, elles meurent toules h la fois, parce que, pour se venger de Tune d'elles, quelqu'un, la voyant dormir la bouche ouverte, la lui remplit de gros sel.

L'opinion generale des vieilles gens est qu'elles vivent encore, mais qu'elles ont quitte le pays : elles y reviendront quand nous serous au « siecle visible » ; le siecle actuel est le « siecle invisible » , et c'est quand il a commence qu'elles ont abandonne leurs demeures.

Ces legendes s'altachent^des grottesqui n'existaient pas avant que la mer etllprofond^mentmodifi^, il y a environ mille ans, loute cette partie du littoral ; elles sont probablement tr^s anciennes et on les racontait peut-^tre avant cette 6poque en leur donnant pour th^toe des houles que la mer a emport^es, en m^me temps que les falaises oti elles 6taient creus6es. Quant k leur conservation sur les divers points de nos c6tes ot nagu^re elles

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^taienlbien connues, elle pourrait bien lenir^ une cause qui n'a rien de po6tique : en raison du voisioage des iles anglo-normandes, la contrebandea 4t6 autrefois ires active dans ces parages ; il est possible que les interess^s aient, de leur mieux, enlretenu ces vieilles croyauces, et raconte les gestes des f^es pour ne pas 6tre dt^ranges par les douaniers quand ils cachaient les marchandises prohib6es dans les houles, souvent d'un acc6s assez difQcile, oQ leurs compares allaient les chercher la nuit, pour aller les vendre dans I'int^rieur des terres.

Dans cette hypoth^se qui me semble assez plausible, les Iraites de commerce qui, sur cette c6te, ont k peu pr^s compl^tement fait cesser la fraude, auraient aussi, par une consequence assez inattendue, amene I'effacement graduel de ce groupe legendaire.

JL ▲

Ces fees des houles vivaient en general en soci^te et formaient des families, parfois des esp^ces de clans. Dans la legendc qui suit, recueillie vers 1860 par madame de Cerny, il s'agit d'une f6e qui avait aussi sa residence daus une houle ; non loin de I'embouchure de la Ranee, et qui, au rebours de ce qui avail lieu d'ordinaire, y demeurait seule, dans une sorte d'isolement sauvage.

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